[Traduction] L’alimentation végétalienne des vegan·es : bonne pour la santé ?

L’alimentation végétalienne des vegan•es : bonne pour la santé ?

Posté le 13 septembre 2014 sur There’s an Elephant in the Room

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Une alimentation végétalienne n’est pas le véganisme ?

Vous pourriez avoir lu qu’une alimentation végétalienne et le véganisme ne sont pas synonymes. C’est correct, mais je n’ai compris cette différence que lorsque je suis devenue vegane, et je vois encore beaucoup de confusion à ce sujet, certains affirmant que faire la distinction entre les deux est pédant. Donc avant de discuter de la question santé qui est le sujet de ce billet, j’aimerais clarifier la différence. L’incompréhension fondamentale est présente chez ceux qui considèrent le véganisme comme un régime alimentaire, beaucoup d’entre eux choisissant l’alimentation végétalienne pour les bénéfices sur la santé dont ils profiteront certainement. Si le véganisme était un régime alimentaire, alors faire la différence entre les deux serait en effet « du chipo » (pour reprendre une accusation).

La perception du véganisme comme régime alimentaire peut donner lieu à toutes sortes d’incompréhensions et pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Après tout, un régime alimentaire a tendance à être quelque chose que nous adoptons pour notre propre bénéfice pendant une période donnée et dans un but donné, tel que perdre du poids, et soyons honnêtes : qui n’a pas triché lors d’un régime ? En règle générale, les régimes alimentaires ne concernent que notre personne.

Le Véganisme en résumé

Cependant, devenir vegan•e n’est pas juste une nouvelle manière de repenser nos habitudes alimentaires, une série de nouveaux menus. En réalité, le véganisme ne nous concerne pas du tout. Le véganisme est une position éthique, une vue globale du monde. Le véganisme se concentre sur les êtres qui partagent cette planète avec nous, les individu•es sentient•es qui tiennent à leur vie, qui ne sont pas des objets à posséder et à détruire quand ça nous chante. Il•Elles ne sont pas là pour qu’on les utilise et qu’on les réduise en esclavage. Devenir vegan•e revient à comprendre et à accepter cela.

Cette acceptation a des implications profondes et de grande envergure : les vegan•es cessent de porter ou d’utiliser toutes substances dérivées des corps des autres dont leurs peaux, leurs plumes ou fibres, nous cessons de financer et de promouvoir leur souffrance et leur misère dans tous nos choix de consommation journaliers d’articles de toilette, de matériel de nettoyage, de divertissement et bien entendu nous arrêtons de consommer toutes les substances dérivées des corps des non-humains : leur chair, leur lactation, leurs œufs, tout. En résumé, nous tentons, à travers chacun de nos choix, de causer le moins de tort possible aux autres et si c’est le cas, nous choisissons ce qui en cause le moins possible.

Les Humain•es sont juste une autre espèce

Ce n’est pas une quête vers la pureté personnelle (pour reprendre une critique que j’ai rencontrée), mais plutôt une admission consciente de notre place en tant que simple espèce sentiente, bien qu’étant une espèce avec la capacité de prendre des décisions morales basées sur le large éventail de choix qui s’offrent à nous. C’est un rejet de la violence que nous avons apprise dès notre plus jeune âge et que nous soutenons comme étant la norme. Plutôt que de se glorifier dans tout sentiment perçu de supériorité, je suggérerais que la majorité des vegans sont on ne peut plus conscient de leur fragilité et de leurs erreurs passées. Ayant ouverts les yeux sur les torts inutiles que nous avons commis dans le passé, nous leur tournons le dos et cherchons à partager un message qui libère les non-humains de la tyrannie égoïste de l’humanité.

Qu’avons-nous à y gagner ?

Je plaide toujours pour le véganisme comme une question morale. Ôter inutilement la vie d’êtres sentients, la manipulation de leurs systèmes reproducteurs, la destruction de familles et de liens sociaux, l’esclavagisme, la captivité, la mutilation et le restant des horreurs constituent la forme ultime de l’arrogance humaine. L’essence du véganisme est qu’il n’est pas mené par intérêt personnel. La plupart des vegan•es que je connais seraient vegan•es peu importe les bénéfices qu’ils en tireraient. Il est cependant utile pour nous tous d’avoir les liens suivants sous le bras pour information.

L’alimentation végétalienne et la santé

Quand on se penche sur les faits, il est difficile de comprendre la résistance rencontrée lorsqu’on affirme que le véganisme est bon pour la santé. En tant que mère, cela me brise le cœur de savoir que cette information n’était pas à ma disposition lorsque mes enfants étaient encore petits. En tant qu’adultes, nous pourrions décider seuls des risques que nous courrons dus à la manière dont nous vivons. Je pourrais risquer mon propre bien-être, et je l’ai fait dans le passé, mais je n’aurais jamais pris de risque pour le bien-être de ma famille si j’avais connu la vérité. C’est une profonde source de regret pour moi.

Au fil du temps, de plus en plus d’autorités en matière de santé tiennent à être comptées parmi celles proclamant les bénéfices en matière de santé d’une alimentation évitant toute substance dérivée des corps des autres, fournissant d’impressionnantes statistiques en ce qui concerne les risques réduits de contracter de graves maladies invalidantes tel que les maladies cardiaques, le cancer, le diabète, l’ostéoporose et bien d’autres qui surchargent les systèmes de soin de santé à travers le monde.

Voici un condensé de liens et de citations pour information.

Liens et informations

Association américaine de Diététique :

“La position de l’Association américaine de diététique est que les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs.”

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19562864

Association Anglaise de Diététique:

« Les alimentations végétariennes bien conçues peuvent être nutritives et saines. Elles sont associées à des risques réduits de maladie cardiaque, de diabète de type 2, d’obésité, de certains types de cancer et de niveaux réduits de cholestérol sanguin. »

http://www.bda.uk.com/foodfacts/vegetarianfoodfacts.pdf

Association des diététiciens australiens:

« Les alimentations végétaliennes sont un type de régime végétarien dans lequel seuls des aliments d’origine végétale sont consommés. Ils diffèrent seulement des autres régimes végétariens dans le sens où aucun produit animal n’est consommé ou utilisé. Malgré ces restrictions, avec une bonne planification, il est possible d’obtenir tous les nutriments requis pour une bonne santé avec une alimentation végétalienne. »

http://daa.asn.au/…/smart…/nutrition-a-z/vegan-diets/

Diététiciens du Canada :

« Un mode d’alimentation végétalien a beaucoup de bénéfices potentiels pour la santé. Cela comprend moins de risque d’obésité, de maladies cardiaques, de pression artérielle élevée, de diabète de type 2 et certains types de cancer. Les autres avantages incluent des niveaux de cholestérol sanguine réduits et un risque réduit de calculs biliaires et de problèmes intestinaux. Les végétaliens doivent s’assurer d’inclure assez de nutriments notamment de protéines, de fer, de zinc, de calcium, de vitamine D, de B12 et d’acides gras omega-3. Une alimentation végétalienne bien conçue peut assurer tous ces besoins. Elle est sûre et saine pour les femmes enceintes et allaitantes, pour les nourrissons, les enfants, les adolescents et les personnes âgées. »

http://www.dietitians.ca/…/Eating-Guidelines-for-Vegans

Société Américaine contre le Cancer :

« Certaines études associent les alimentations végétariennes à un risque réduit de maladie cardiaque, diabètes, pression artérielle élevée, obésité et certains types de cancer tel que le cancer du côlon. Une alimentation végétarienne stricte doit être correctement conçue pour s’assurer d’obtenir tous les nutriments requis. »

http://my.clevelandclinic.org/services/heart/prevention/nutrition/food-choices/understanding-vegetarianism

Ecole de Santé Publique d’Harvard :

« Avec un petit peu de préparation, une alimentation végétarienne équilibrée et variée peut assurer l’apport en nutriments de presque tout le monde. »

http://www.dining.harvard.edu/vegvgn

Clinique de Cleveland :

« Une alimentation végétalienne ne présente vraiment aucun désavantage ! Une alimentation à base de végétaux présente de nombreux bénéfices pour la santé, notamment un risque réduit de maladie cardiaque, d’hypertension, de diabète de type 2 et de cancer. Elle peut également aider à diminuer les niveaux de cholestérol sanguin et de pression artérielle, et aussi à maintenir un poids de santé et une bonne santé osseuse. »

http://my.clevelandclinic.org/services/heart/prevention/nutrition/food-choices/understanding-vegetarianism

Hopital Presbitérien de New York:

« Les personnes suivant une alimentation végétarienne sont  en relativement meilleure santé qui ceux qui n’en suivent pas. Les végétariens ont tendance à avoir des taux moins élevés d’obésité et moins de problèmes chroniques de santé, dont certains cancers, maladies cardiaques, pression artérielle élevée, et diabètes. »

http://www.lakeareamc.com/lake-area-medical-center/health-library.aspx?iid=1_1876

Centre Médical Ronald Reagan UCLA (UCLA) :

« Certains des effets bénéfiques d’une alimentation végétarienne peuvent comprendre : niveaux de cholestérol sanguin réduits, ainsi que de pression artérielle ; risques réduits de maladies cardiaques, de certaines formes de cancer, et de troubles digestifs comme la constipation et les maladies des diverticules ; risques réduits d’obésité et d’autres formes de diabètes. »

http://www.dining.ucla.edu/housing_site/dining/SNAC_pdf/Vegetarianism.pdf

Ecole Perelman de Médecine (Penn Med) :

« Une alimentation végétarienne bien conçue peut vous fournir une bonne nutrition. Une alimentation végétarienne vous aide souvent à être en meilleure santé. Adopter une alimentation végétarienne peut vous aider à : réduire les risques d’obésité ; réduire les risques de maladies cardiaques ; réduire votre pression sanguine ; réduire vos risques de diabète de type 2. »

http://www.pennmedicine.org/encyclopedia/em_DisplayArticle.aspx?gcid=002465&ptid=1

Journal Permanente :

« Manger de façon saine pourrait être le plus facilement atteint grâce à une alimentation basée sur les végétaux, ce que nous définissons comme une alimentation encourageant la consommation d’aliments végétaux complets et décourageant la viande, les produits laitiers et les œufs ainsi que tous les produits raffinés et transformés. Nous présentons une étude de cas comme exemple des effets bénéfiques potentiels d’une telle alimentation. La recherche montre que les alimentations végétales sont des interventions rentables et à faibles risques pouvant réduire l’indice de masse corporelle, la pression sanguine, l’HbA1C, et les niveaux de cholestérol. Elles pourraient également réduire le nombre de médicaments nécessaires pour traiter les maladies chroniques et réduire les taux de mortalité liés aux maladies cardiaques ischémiques. Les médecins devraient envisager de recommander une alimentation à base de végétaux à tous leurs patients, surtout ceux présentant une pression artérielle élevée, un diabète, une maladie cardiovasculaire, ou de l’obésité. »

http://www.thepermanentejournal.org/issues/2013/spring/5117-nutrition.html

Clinique Mayo :

« Une alimentation végétarienne bien conçue peut couvrir les besoins des personnes de tout âge, y compris les enfants, adolescents, et femmes enceintes ou allaitantes. La clé est d’être attentif/attentive à vos besoins nutritionnels afin de pouvoir concevoir une régime alimentaire les couvrant. »

http://www.mayoclinic.com/health/vegetarian-diet/HQ01596

Dr Michael Greger :

“Voici le top 15 des causes de décès, et une alimentation végétale permet de les éviter presque toutes, peut aider à en traiter plus de la moitié, et dans certains cas peut même inverser la progression de la maladie, dont nos 3 premiers tueurs. »

http://nutritionfacts.org/video/uprooting-the-leading-causes-of-death/

Walter Willet, Directeur du department Nutrition de Harvard :

« Les humains n’ont aucun besoin nutritionnel de lait animal, un ajout évolutionnaire récent dans notre alimentation, » Willett et ses co-auteurs, David Ludwig, de l’Hôpital pour Enfants de Boston, ont écrit un article publié en septembre dernier dans le journal, JAMA Pediatrics…. : « la recommandation de 3 portions de lait par jour n’est pas justifiée et est susceptible de causer du tort à certaines personnes. La justification principale est la santé osseuse et la réduction des fractures. Cependant, des études prospectives et des essais cliniques randomisés n’ont systématiquement montré aucune relation entre l’apport en lait et le risque de fractures. Par contre, de nombreuses études ont montré une relation entre la consommation élevée de lait et le risque de cancer de la prostate mortel ou métastasique, et cela peut s’expliquer par le fait que l’apport en lait augmente les niveaux sanguins d’IGF-1, une hormone favorisant la croissance. »

http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1704826&resultClick=3

Service National de Santé du Royaume-Uni

« Avec une bonne préparation et une compréhension de ce que constitue une alimentation végétalienne équilibrée et saine, vous pouvez obtenir tous les nutriments dont votre corps a besoin. »

http://www.nhs.uk/Livewell/Vegetarianhealth/Pages/Vegandiets.aspx

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[Traduction] Conseils pour Alliés Masculins

[Traduction de Tips for Male Allies sur Vegan Feminist Network]

Il ne fait aucun doute, le mouvement pour les droits des animaux non-humains a été compromis par le sexisme et manipulé par le patriarcat. Ce n’est dorénavant plus juste PETA qui mène la danse : c’est un nombre incalculable d’autres organisations (comme Fish Love), de compagnies (comme LUSH), et de pornographes (comme Vegan Pinup). Qui plus est, cela s’est propagé aux interactions individuelles comme le montre la normalité croissante d’activistes masculins tentant de contrôler, manipuler, menacer, ou harceler les militantes féminines.

Beaucoup de féministes insistent sur le fait que les hommes ne peuvent pas être des féministes (et l’Organisation Nationale des Hommes contre le Sexisme est d’accord). Être féministe, c’est être une femme auto-identifiée se battant pour l’égalité féminine. Être une féministe demande une expérience directe de l’oppression de genre, car c’est cette expérience unique en tant que membre du groupe visé qui informera l’activisme. Les hommes qui s’offusquent de cette définition et qui demandent à être inclus ne font que mettre en évidence l’ubiquité du privilège masculin. Lorsque les hommes réaffirment ce droit, ils démontrent leur besoin d’être aux commandes et ils démontrent le patriarcat. Bien que les hommes ne pourront jamais entièrement se soustraire eux-mêmes des privilèges de leur genre, les hommes peuvent tout à fait être des alliés.

Et nous avons grandement besoin d’alliés dans le mouvement des droits des animaux non-humains. Ce qui est peut-être le plus à blâmer pour le sexisme et la misogynie rampante dans notre mouvement (au-delà de la nature oppressante du patriarcat) est la complaisance. Il est temps de déplacer la responsabilité sur les membres masculins de notre communauté.

  1. Ne Soyez Jamais Complaisants

Si vous êtes témoin d’une femme se faisant brimée, harcelée ou intimidée… exprimez-vous. Si vous restez silencieux, si vous « restez neutre », ou si vous prenez la défense de l’agresseur (ce que j’identifie comme « mentalité de la bande de mecs »), vous êtes tout aussi coupable de sexisme et d’oppression que l’agresseur.

  1. Demandez une Représentation Égale

Si vous participez à un projet qui est principalement mené par des hommes (ce qui est suspect considérant que notre mouvement est composé à 80% de femmes), demandez à savoir où sont les femmes et refusez de participer avant qu’elles soient incluses. Ce problème est également présent dans le mouvement athée/sceptique, et les féministes et leurs alliés ont très bien réussi à faire pression sur les organisateurs d’évènements pour améliorer les proportions de genre.

  1. N’utilisez Jamais la Carte du “Sexisme Inversé”

Les femmes, qui sont un groupe oppressé vivant sous un patriarcat qui privilégie les hommes, ne peuvent pas, de par la nature même de leur statut social, exercer de sexisme envers les hommes. Dire d’une femme qu’elle est sexiste (ou, pire, « misandre ») vise à rediriger l’attention du problème des hommes, un groupe privilégié qui n’est jamais remis en question, vers les femmes. C’est une tactique visant à détourner l’attention de l’oppresseur vers l’oppressée. C’est une tactique visant à réduire au silence.

  1. Ne Mansplainez (Mecspliquez) Pas.

Le fait est que, malgré la sagesse infinie et la formation approfondie que pourraient avoir certains hommes, les hommes ne connaissent malgré tout pas mieux les problèmes des femmes que les femmes elles-mêmes. Le mansplaining semble avoir frappé notre communauté. Beaucoup d’hommes insistent pour tout expliquer aux femmes, du féminisme au viol, avec l’intention de dominer la conversation ou de remporter le débat. Les expériences personnelles des femmes sont complètement écartées et dévalorisées, quand bien-même ces femmes ont les qualifications irréfutables les appuyant. Le mansplaining n’aide pas, c’est oppressif et irrespectueux.

  1. N’Harcelez pas les Femmes

Bien que cela puisse paraître évident, le harcèlement dans notre mouvement est un véritable problème. A travers des interviews réalisées avec des militantes, Emily Gaarder, dans son ouvrage de 2011 Women and the Animal Rights Movement, a constaté que le problème était plutôt répandu. J’ai moi-même été victimisée par plusieurs hommes vegans qui m’ont harcelée au point de devoir presque appeler la police.

  1. Écoutez

La majorité des hommes ne savent pas ce qu’est être une femme, n’ayant jamais fait l’expérience d’en être une. Tout comme les personnes de couleur blanche ne peuvent jamais totalement comprendre ce qu’est être une personne de couleur, un homme cis ne peut jamais totalement comprendre ce qu’est être une femme. On considère généralement comme condescendant et peu utile qu’une personne blanche prétende avoir toutes les réponses sur les difficultés que rencontrent les personnes de couleur. Je soutiens que la même chose s’applique aux hommes qui pensent pouvoir comprendre ce qu’est l’expérience féminine et qui se sentent également dans leur droit de privilégié de définir ou de valider le sexisme. Au lieu d’insister, « Ce n’est pas sexiste » ou « Tu exagères », essayez d’écouter. Tentez de comprendre d’où viennent les femmes, les problèmes auxquels elles doivent faire face, et les solutions qu’elles recherchent. De même, rappelez-vous de leur faire de la place. N’essayez pas de dominer la discussion et donnez de l’espace aux femmes pour qu’elles participent sans être noyées par votre voix.

  1. Ne Gaslightez pas

Le Gaslighting est un outil efficace de contrôle masculin, se manifestant généralement dans des cas de violence conjugale ou de violence psychologique. Le Gaslighting est une tactique visant à faire douter une femme sur sa réalité et ses expériences. Si une femme déclare avoir fait l’objet de sexisme, et que vous lui dites qu’elle en fait toute une affaire pour rien ou qu’elle « exagère », c’est du Gaslighting. Faire en sorte qu’une femme se sente « folle » ou qu’elle apparaisse comme tel aux yeux des autres est un moyen de l’affaiblir et de la contrôler.

  1. Surveillez Votre Langage

Il y a des centaines de termes féminins péjoratifs (et seulement quelques masculins) qui utilisent l’identité féminine comme une insulte. Ils visent à affaiblir. Par exemple, l’association « Defending Pitbulls against Peta » appelle la présidente de PETA Ingrid Newkirk une « vilaine sorcière » et Nathan Winograd insinue qu’elle est une malade mentale. Ces deux exemples ne sont que la continuité d’une longue histoire de femmes ayant été ostracisées, institutionnalisées, et même tuées pour avoir été des « sorcières » ou « folles ». La langue française est vaste et contient plus de mots que la personne lambda n’en utilisera, donc il n’y a vraiment aucune excuse pour utiliser des péjoratifs genrés à moins que l’intention est de s’appuyer sur le sexisme pour renforcer votre argument.

  1. Soyez Critiques envers la Violence

Dans son livre de 2006, Capers in the Churchyard : Animal Rights Advocacy in the Age of Terror, Lee Hall avance que les tactiques violentes sont indubitablement associées à l’expression masculine du pouvoir, de la bravade et de la domination. J’ajouterais que ces approches sont en grande partie anti-féministes. La violence privilégie l’expérience masculine et le contrôle masculin, et, en même temps, rabaisse la féminité et vise à effrayer. Dans un discours présenté lors d’une conférence de 2012 en Italie, « La Paralysie du Pacifisme : En Défense de l’Action Militante Directe et de la « Violence » pour la Libération Animale », l’orateur crie littéralement sur une salle pleine de jeunes militantes, les accusant de pacifisme et insistant pour qu’elles abandonnent la non-violence.

  1. Soyez Critiques de l’Exploitation Sexuelle

Si vous êtes témoin d’une situation dans laquelle des femmes sont encouragées à se dévêtir pour « la cause »… faites entendre votre voix. Le corps des femmes ne devrait regarder personne, mais nous ne pouvons également pas ignorer la réalité d’un mouvement qui, couramment, exploite et objectifie sexuellement les femmes. L’oppression des animaux non-humains ne peut être démantelée via l’oppression des femmes. Faites entendre votre voix, laissez un commentaire, envoyez un email, ou tenez un blog sur le sujet. Ne laissez pas s’étendre l’exploitation sexuelle sans broncher.

Prière de reconnaître que ces requêtes ne sont pas une attaque envers les hommes. Ce n’est rien d’autre qu’une tentative honnête de créer un espace sûr pour les femmes dans un mouvement qui devient de plus en plus dangereux et humiliant. Nous devons faire face à l’inégalité là où elle survient. Nous sommes de plus en plus conscients de la manière dont nous traitons les autres groupes à risque, et pourtant nous ignorons si souvent le sort des femmes. Pire encore, ces femmes qui trouvent le courage de prendre la parole sont accusées d’en faire tout un foin. C’est représentatif de l’enracinement du sexisme et de la misogynie. Lorsqu’un mouvement composé à 80% de femmes ne peut se libérer des chaînes de l’oppression féminine, nous devrions être sérieusement préoccupé·es. Mais la charge du travail ne devrait pas reposer entièrement sur les femmes, les hommes doivent également prendre leur responsabilité et s’efforcer d’être des alliés féministes vegans pour le bénéfice de tous et de toutes, hommes, femmes, humains, ou non-humains.

[Traduction] Demande-t-on le Respect et la Justice ? Ou juste des chamailleries ?

Posté le 12 juillet 2013 sur Vegan Feminist Network

Trigger Warning:  Discute de pornographie et de sexisme

Not Safe for Work:  Contient du langage grossier et des sujets explicitement sexuels

PETA a posté sur Vegan Feminist Network aujourd’hui en réponse à mon article qui déconstruit leur campagne « Veggie Love Casting » . La campagne dépeint des jeunes femmes en bikinis et hauts talons effectuant du sexe oral et autres actes sexuels sur des légumes « pour les animaux ». Le communiqué est reproduit ci-dessous. J’ai mis en évidence les passages problématiques et les analyserait plus bas.

« Les femmes intelligentes et sensibles qui ont participé dans ce clip ont choisi de le faire car elles soutenaient l’idée et voulaient agir pour aider les animaux. PETA les admire pour cela et ne leur dirait jamais qu’elles doivent se comporter d’une certaine manière afin d’avoir l’approbation de quelqu’un d’autre. PETA applaudit tout ce que les gens font pour aider les animaux et tente de montrer quelque chose qui plaise à tout le monde.

Tout le monde n’approuve pas les tactiques de PETA – et on peut choisir de ne pas montrer nos vidéos si c’est le cas – mais nous serons certainement tous d’accord pour dire qu’il est plus efficace de concentrer notre temps et notre énergie sur les abuseurs d’animaux plutôt que de nous chamailler.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les autres campagnes de PETA, ou visionner nos publicités comprenant des hommes, vous pouvez visiter le site www.PETA.org. Merci encore pour tout ce que vous faites pour promouvoir le véganisme et pour faire de ce monde un meilleur endroit pour les animaux. »

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Une image de la campagne.

PETA déclare ne pas avoir dit aux femmes d’agir de cette manière, mais c’est une justification malhonnête. De toute évidence, PETA a mis au point la campagne et a engagé les participantes. Ce n’était pas un mouvement populaire spontané pour la promotion du sexe avec des légumes pour les animaux non-humains. En parlant de cela, est-ce qu’avoir une relation sexuelle avec des concombres ce que sont supposées faire les femmes si elles veulent aider les animaux ?

D’une certaine manière, PETA a raison de dire qu’on ne « dit » pas aux femmes d’agir de cette manière. C’est parce que PETA normalise le militantisme sexiste comme militantisme adapté aux femmes. Les militantes s’engagent de plus en plus dans le mouvement pour les droits des animaux avec la connaissance de ce qu’on attend d’elles (Gail Dines désigne ce phénomène de socialisation comme « prête au porno »). Les campagnes pornifiées sont aujourd’hui normalisées dans l’imaginaire politique du mouvement. Elles sont considérées pour acquises comme étant utiles, malgré la recherche psychologique sociale démontrant que ce n’est non seulement pas efficace, mais également contre-productif.

Les tropes incorporées dans la réponse de PETA visent à protéger cette normalité et méritent donc qu’on s’y penche.

1. Choix

Le “Choix” est un concept qui fonctionne généralement pour détourner l’attention sur le problème de l’inégalité structurelle et qui place la responsabilité sur l’individu·e. Il masque les privilèges et renforce l’oppression.

Les femmes « choisissent » de travailler dans le porno car une société patriarcale leur offre des options extrêmement limitées. Les femmes font ce « choix » car elles grandissent dans une société qui leur inculque que leur valeur est liée à leur attractivité sexuelle et leur disponibilité sexuelle (au contraire des hommes à qui on enseigne qu’ils peuvent réussir grâce à leur force, leur leadership, leur intelligence, leur esprit, etc.).

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La plupart des actrices porno proviennent de milieux défavorisés et/ou de foyers violents et ont des carrières extrêmement courtes (environ 3 ans, une durée qui a fortement diminuée). La grande majorité des actrices porno gagnent très peu d’argent. Nous parlons ici de quelques centaines d’euros pour chaque film, avec une proposition de film toutes les quelques semaines environ. Une fois qu’elles ont « tout fait », elles sont usées, et n’ont plus d’utilité pour l’industrie. Ça vous dit quelque chose ? C’est exactement la manière dont les humains traitent les poules pondeuses et les vaches laitières : comme des ressources sexuelles périssables. Les femmes continuent à consentir d’effectuer des actes sexuels de plus en plus dégradants, douloureux, ou dangereux afin de rester dans la course le plus longtemps possible. L’industrie expose les femmes à ces conditions de travail précaires et dangereuses sans aucune sécurité garantie. Si c’est là le « choix » qu’ont les femmes, il y a quelque chose qui cloche réellement avec notre système de travail.

Je ne blâme pas ces actrices (militantes?) qui travaillent pour PETA. Elles font juste leur travail, et essayent de gagner leur vie. Certaines se sont peut-être même amusées et ont aimé participer. Au lieu de cela, je blâme le patriarcat qui élève les femmes comme ressources pour les hommes. Je blâme un mouvement social qui est supposé être basé sur la paix mais qui à la place exploite les vulnérabilités des femmes pour la levée de fonds. Sous le patriarcat, les règles du jeu penchent en faveur des hommes au détriment des femmes (et des autres populations vulnérables, dont les animaux non-humains). Toutes les femmes sont des produits d’un patriarcat qui les incite à croire : « Votre valeur sociale = Votre disponibilité sexuelle ».

Le “choix” s’appuie sur un ensemble très restreint d’options définies pour les femmes par le patriarcat. Si nous voulons avoir une discussion sérieuse sur le « choix », je suggère que nous obtenions une réponse claire de PETA quant à leur choix intentionnel de femmes pour la levée de fonds et l’attention des médias, et la raison pour laquelle des femmes sont placées disproportionnellement dans des scénarios dégradants, souvent (même si pas dans ce cas-ci) en simulant la souffrance et la mort horrible d’animaux non-humains. Comme dans toute pornographie, les campagnes de PETA sexualisent l’humiliation et la violence envers les femmes.

2. Viser un large public

Les personnes susceptibles d’être attirées par la pornographie ne seront probablement pas intéressées de s’investir sérieusement dans la justice sociale. La pornographie consolide l’oppression et renforce la notion que certaines personnes sont des objets de ressources pour d’autres, plus privilégiées. C’est loin d’être le genre de structure qu’on est en droit d’attendre pour remettre en cause le spécisme. Pour rappel, la recherche démontre que les campagnes de PETA repoussent en réalité les téléspectateurs qui peuvent aisément reconnaître que les femmes sont rabaissées.

3. Critique de la culture du viol comme de la « Chamaillerie »

Une femme sur 3 sera violée, battue, ou abusée d’une certaine manière une fois au cours de sa vie. Cette violence est fortement liée aux médias misogynes, et PETA non seulement crée mais promeut les médias misogynes. Décrire la critique féministe de cette violence systémique comme étant de la chamaillerie est insultant et banalisant. Faire front contre la violence que j’endure, contre la violence que des millions de femmes endurent, n’est pas de la chamaillerie, c’est de la justice sociale en action.

4. Hommes contre Femmes

Nous ne vivons pas dans une société post-genre/post-féministe. Les corps des hommes et des femmes ne sont pas vus ou traités de manière égale. On ne peut pas simplement déclarer : « Nous utilisons aussi des hommes ! ». Ca ne compensera pas la misogynie utilisée dans la majorité des actions de PETA. 96% de l’objectification sexuelle présente dans les médias inclut des femmes. Les femmes sont également bien plus susceptibles d’être victimes de viol, d’abus sexuels et de violence conjugale. Il est injuste de balayer les représentations sexistes des femmes juste parce que le corps d’un homme est utilisé de temps à autre.

Cet argument est particulièrement absurde dans le cas de PETA. Les publicités de PETA mettant en scène des hommes représentent dans l’ensemble des hommes qui sont aux commandes de leur espace social, et leur pouvoir ainsi que leur statut sont renforcés. Certaines de leurs affiches représentent des hommes ridicules. A nouveau, il n’y a aucun sexisme sérieux en jeu. Nous trouvons ces affiches idiotes car les hommes sont rarement objectifiés sexuellement et représentés dans une position soumise. Les hommes ne sont pas affichés dans des positions sexuelles soumises ou comme victimes de violence, seules les femmes le sont.

Prenez par exemple cette image d’un acteur de Bollywood militant pour PETA. Remarquez le regard confiant face à l’objectif, son pouvoir sur la situation, et sa capacité de contrôle l’espace autour de lui et de créer du changement. Remarquez cette posture qui affiche la confiance.

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En revanche, examinez cette affiche typique de PETA représentant une femme nue. Elle est montrée dans une position soumise, vulnérable, pas sur ses pieds, à la merci du téléspectateur. Ses yeux ne font pas directement face à l’objectif, mais le fixent au contraire par en dessous. Elle caresse doucement le lapin; il n’y a pas de contrôle sur son espace. Ses fesses sont relevées pour suggérer la disponibilité sexuelle.

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L’argument que le sexisme n’existe pas dans les campagnes de PETA car des hommes nus sont aussi utilisés de temps en temps est un leurre.

Nous ne pouvons pas mettre fin à l’objectification des animaux non-humains par l’objectification des femmes. Nous ne pouvons pas mettre fin à la violence envers les animaux non-humains par la violence envers les femmes. Il est temps de décoloniser le schema militant.

Les informations fournies sur l’industrie de la pornographie dans cet essai sont tirées du documentaire, The Price of Pleasure.

Par Corey Lee Wrenn, M.S., A.B.D. Ph.D.

[Traduction] Qu’est-ce qui ne va pas avec les œufs de basse-cour ?

Traduction de http://peacefulprairie.org/backyard-eggs.html

Suite à la popularisation croissante de l’agriculture urbaine, de plus en plus de personnes cherchent à commencer leur propre élevage de jardin, croyant qu’en élevant (ou adoptant) des poules et en veillant à leur bien-être, elles pourront éliminer la souffrance inhérente de la production d’œufs.

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La triste réalité est que, peu importe la façon dont sont traitées les poules pondeuses durant leurs vies raccourcies, elles restent le produit d’une cruauté immense et intentionnelle qui leur sera infligée seulement parce que les gens veulent consommer des œufs.

Cette cruauté cachée inclut la misère des parents enfermés qui sont élevés en premier lieu avant d’être tués dans leur jeune âge ; elle inclut l’assassinat en masse des frères et sœurs « non-rentables » (les poussins mâles et les poussins femelles « défaillantes ») ; elle inclut les handicaps qui sont infligés génétiquement au nom de la surproduction d’œufs ; elle inclut une courte vie dans un environnement social et biologique réduit ; elle inclut une mort prématurée et horrible.

Consommer des œufs, même de poules sauvées, revient à légitimiser et à perpétuer cette souffrance.

[Traduction] Qu'est-ce qui ne va pas avec les oeufs de basse-cour ?

Si vous avez été amenés à croire que la production d’œufs de jardin est une alternative humaine, ou que consommer des œufs de poules sauvées peut être éthique, merci de vous demander :


1. D’où viennent les poules ?
2. Où sont leurs frères ?
3. Où sont leurs parents ?
4. Qu’arrive-t-il aux corps des poules à force d’être génétiquement manipulées pour produire une quantité artificiellement élevée d’oeufs artificiellement gros ?
5. Qu’arrive-t-il aux poules lorsqu’elles arrêtent de pondre des œufs à un rythme rentable ?
6. Pourquoi les poules sont-elles ici, coupées de leur monde naturel et empêchées de vivre naturellement ?
7. Pourquoi voit-on les poules, et les autres animaux, comme nourriture ou source de nourriture ?


1) D’où viennent les poules ?

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La plupart des amateurs démarrant un élevage de jardin commandent leurs poussins chez les mêmes couvoirs qui fournissent les élevages industriels. Parmi les 500 millions de poussins qui éclosent annuellement aux États-Unis pour la production d’œufs, 500 millions se voient refuser l’attention, la chaleur et la protection de leurs mères. Les poussins sont incubés dans des tiroirs métalliques où la communication complexe et constante qui a lieu entre la mère et ses embryons est remplacée par le froid silence des machines.

Après 21 jours, les poussins picorent leur chemin vers un monde où leur seule expérience de l’amour maternel est celui de leur amère absence. Âgés d’à peine quelques heures, ces orphelins vulnérables seront bousculés sur des machines, malmenés, triés, sexés, souvent en forçant les organes sexuels internes des nouveaux-nés vers l’extérieur, séparés en mâles et femelles, et ensuite à nouveau jetés sur le tapis roulant pour être emmenés vers leur prochain calvaire.

Les femelles nouvellement écloses (poulettes) sont emballées et envoyées via les bureaux de postes américains vers les éleveurs amateurs, enthousiastes des œufs de jardin et magasins d’alimentation à travers tout le pays. Vu qu’environ 10% de ces enfants fragiles meurent en transit du stress du transport et de l’enfermement sans nourriture, eau, ou de contrôle de température de 24 à 72h (parfois plus long), les couvoirs ajoutent toujours plus de poussins que demandés. Souvent, ces bébés supplémentaires, appelés « remplisseurs », sont des mâles qui ont soit été incorrectement identifiés comme femelles, ou simplement utilisés comme matériel d’emballage au lieu d’être écartés d’une autre manière.

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2) Qu’arrive-t-il aux poussins mâles ?

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Les 250 millions de poussins identifiés comme mâles (coquelets) sont tués le jour de leur éclosion car ils sont inutiles au producteur d’œufs, vu leur incapacité à pondre des œufs. Leur courte existence sur terre est emplie de peur, d’égarement et de peur, lorsque les travailleurs les poussent à travers les étapes sinistres de leur voyage depuis l’incubateur jusqu’au charnier : tri, sexage, séparation, abattage.

Lorsqu’ils sont jetés des tiroirs d’éclosion sur le tapis roulant, aux bacs de tri ; lorsqu’ils sont malmenés pendant le processus de sexage ; lorsqu’ils sont rejetés sur le tapis roulant menant aux mâchoires déchirantes d’une broyeuse, ou à l’agonie de la chambre à gaz, ou à l’horreur des sacs d’étouffement, ou à la lente agonie dans une benne remplie des corps mourants de leurs frères, ces nouveau-nés n’arrêtent pas d’appeler leurs mères. Ils peuvent ne rien connaître du monde dans cette nouvelle vie mais ils savent cela : ils méritent de vivre, ils méritent d’être aimés, et ils affirment cette certitude jusqu’à leur dernier souffle.

Les quelques coquelets qui ne sont pas tués immédiatement sont utilisés comme matériel d’emballage pour les poussins femelles envoyées aux amateurs. S’ils arrivent en vie à destination, ils seront soit massacrés à 6-8 semaines lorsque leur genre devient apparent, ou ils seront abandonnés à des refuges pour être « euthanasiés ». Pour un aperçu des méthodes générales d’élimination de poussins des couveuses, veuillez consulter les vidéos intégrées ci-dessous.

Si les poussins éclosent en ferme, les coquelets de chaque accouplement sont « respectueusement » tués à la ferme, à l’aide d’une « paire de ciseaux aiguisés, ou d’un couteau dans le cou, ou d’une hache sur un billot ».

Sur les 500 millions de poussins « pondeurs » éclos annuellement aux États-Unis, 50 à 60% sont amenés dans ce monde juste pour être tués leur premier jour car ils sont des mâles, les 10 à 20% restant devant s’attendre à mourir de stress ou d’autres facteurs. Ce sont les enfants “déchets” de l’industrie des œufs : les mâles, les femelles « défaillantes », les malades et les blessés.

Car l’infanticide de masse est la base de la production d’œufs, les couvoirs font éclore trois fois plus d’œufs que le nombre de poussins qu’ils comptent vendre, et le coût du traitement et de l’élimination des bébés « déchets » est inclus dans le prix demandé pour chaque poussin femelle.


http://www.granjasdeesclavos.com/files/videos/sexado_pollos.swf

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3) Qu’arrive-t-il aux parents ?

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Les parents des futures poules pondeuses sont généralement débecqués en vue d’une courte vie d’enfermement stressant. Le débecquage, une amputation partielle du bec de l’oiseau, qui coupe à travers l’os, le cartilage et les tissus mous, est si douloureux que certains oiseaux meurent de choc sur le coup, alors que d’autres, incapables de manger ou boire, meurent lentement de faim et de déshydratation. Les survivants endurent une douleur chronique, à vie, similaire à la douleur du membre fantôme de leurs becs défigurés.

Les jeunes oiseaux parents sont confinés dans des hangars gigantesques où ils seront élevés pendant la durée de leur courte vie. Incapables d’échapper à la foule ou de se défendre contre les coqs, les poules sont surmontées, subissant des blessures par écrasement, os cassés, perte de plumes importante, douleurs génitales et ventres distendus.

Aucune de ces poules ne pourront voir un seul de leurs bébés. Chacun des 90 milliards d’œufs produits annuellement aux Etats-Unis provient d’une poule à qui on a enlevé la liberté d’élever son petit. Chaque année, au bout de leur premier cycle de ponte, les poules qui ont survécu à l’épreuve des viols multiples, sont écartées et remplacées par des « génitrices » plus jeunes.

Les poules reproductrices “usées” sont tuées en masse par les moyens économiques les plus rapides et les plus économiques, mais un petit nombre d’entre elles sont vendues à prix réduit aux petits fermiers qui utilisent les œufs de ces « parents de réforme » pendant un an ou deux avant de les abattre.

Lorsque les paysans urbains achètent des poussins, ou des œufs fertilisés à faire éclore dans des incubatrices maisons, aussi bien le poussin que les œufs proviennent de ces oiseaux parents torturés.

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4) Qu’arrive-t-il aux corps des poules à force d’être génétiquement manipulées pour pondre une quantité artificiellement élevée d’œufs artificiellement gros ?

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Les poules libres, comme tous les oiseaux, pondent seulement une fois par an (habituellement au printemps) et seulement en vue d’assurer la survie de leur espèce : environ 10 à 20 œufs. Les poules domestiquées ont été sélectionnées pour pondre entre 260 à 300 œufs par an. A force d’avoir été génétiquement manipulées pour pondre une quantité artificiellement élevée d’œufs artificiellement gros, les poules pondeuses souffrent d’une série de troubles invalidants de l’appareil reproducteur, bon nombre d’entre eux pouvant être mortels.

Cela comprend : la dystocie (les œufs coincés dans le canal aviaire et qui passent lentement et douloureusement, ou qui ne peuvent pas du tout passer, déclenchant des infections dangereuses qui aboutissent souvent à la mort), le prolapsus utérin (en forçant tous les jours pour expulser de gros œufs, l’utérus de l’oiseau peut ressortir par l’orifice anal, menant à une douloureuse infection et une mort lente et agonisante) ; tumeurs du canal aviaire ; péritonite, ostéoporose et fracture des os associées.

Même lorsqu’elles sont sauvées et qu’on leur permet de vivre sereinement, beaucoup de poules pondeuses ne peuvent être sauvées de la douleur et de la souffrance qui a été insérée dans leurs systèmes reproducteurs au nom de la production d’œufs.

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5) Qu’arrive-t-il aux poules lorsqu’elles arrêtent de pondre à un rythme rentable ?

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A l’âge de 1,5 à 3 ans (une fraction de l’espérance de vie naturelle d’une poule), lorsque la capacité d’une poule à pondre un œuf presque tous les jours diminue, elle est considérée comme « usée » et est écartée de la manière la plus économique possible.

Si elle fait partie d’un élevage urbain, elle sera probablement « respectueusement » décapitée dans son propre jardin ou arrière-cour par l’une des personnes qu’elle connaissait et en qui elle avait confiance. Si elle fait partie de poules “libre-parcours”, elle pourrait être jetée dans un immense fût en métal et gazée à côté d’une centaine de ses sœurs terrifiées ; ou elle pourrait être enfermée dans un hangar scellé et noyée dans une mousse extinctrice ; ou elle pourrait être envoyée en abattage « basse priorité » (ce qui veut dire que l’agonie du transport et du « processus » dureront bien plus longtemps).

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6) Pourquoi les poules sont-elles ici, coupées de leur monde naturel et empêchées de vivre naturellement ?

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Comme tous les animaux domestiques, les poules sont isolées de leur habitat naturel dans lequel elles ont évolué pendant des millénaires, et forcées de rester à jamais vulnérables et dépendantes des individus mêmes qui profitent de leur souffrance et de leur mort. Eloignées des structures sociales complexes qui ont gouverné leurs communautés libres, et enfermées, sans possibilité de s’échapper, dans un monde humain où elles n’ont aucune place dans le présent, aucun lien avec le passé, et aucune possibilité d’un futur libre, les poules de ferme n’ont pas voix dans les aspects les plus importants de leurs vies.

Les humains décident :

De l’endroit où elles vivront ;
Si elles connaîtront un jour leur mère ;
Si, et pendant combien de temps, elles nourriront leurs poussins ;
Quand, et si, on leur permettra de voir ou d’être avec leurs familles et leurs ami·es ;
Quand, comment, et si, elles se reproduiront ;
Ce qu’elles mangeront, quand, et quelle quantité ;
L’espace de perchoir qu’elles auront, si elles y ont seulement droit ;
Si elles auront droit à de l’espace pour gambader, et la grandeur de celui-ci ;
Des mutilations et mutations génétiques auxquelles elles seront soumises ;
Des soins vétérinaires qu’elles recevront, si elles en reçoivent ;
Le moment, le lieu et la manière dont elles mourront.

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7) Pourquoi continue-t-on à voir les poules, et les autres animaux, comme de la nourriture ou comme une source de nourriture ?

their-eggs5Au Sanctuaire Peaceful Prairie, les œufs sont rendus aux poules.

Le corps d’un être sentient et ses secrétions ne sont pas des choses que nous devons manger, pas plus que le sont ceux d’un être humain.Consommer des œufs (même de poules sauvées), ou les donner à des gens qui achèteraient à la place des œufs de batterie, ne « réduit pas la souffrance », cela légitimise la souffrance, cela demande la souffrance, cela perpétue la souffrance en cautionnant la pratique même de la violence contre laquelle nous luttons et à laquelle nous voulons mettre fin.

La poule pourrait ne pas savoir que son corps douloureux, sa servitude, son isolement, et toutes les misères qu’elle subit lui sont infligées intentionnellement, systématiquement, et uniquement pour le plaisir gustatif des humains, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que l’œuf fertilisé qui lui a fait voir le jour était le résultat de l’enfermement et du viol, ou que les poules comme elle sont le produit de l’infanticide de masse, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que le coût de l’abattage des enfants mâles, des parents d’élevage « usés » et des poules « usées » est compris dans le prix des œufs, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que, si nous devenions vegan·es, les horreurs qu’elle et son espèce sont forcées de subir cesseraient, mais vous le savez.

Agissez en conséquence. Devenez vegan·e et informez les autres sur la violence et l’injustice inhérente à tous les choix non-vegans. Sauvez (n’achetez pas) des poules et autres animaux, respectez leurs vies, et rappelez-vous de toujours rendre les œufs aux oiseaux : elles en sont, au final, les seules véritables propriétaires.

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[Traduction] Est-ce que le sexe fait vendre les droits des animaux ? LA RECHERCHE DIT NON !

(Traduction de l’article Does Sex Sell Animal Rights ? RESEARCH SAYS NO !, de Corey Lee Wrenn, avec son accord, posté sur Vegan Feminist Network.)


 

Aaah, je me sens un peu comme ce jour magnifique de l’année passée lorsque j’ai appris que Mitt Romney ne dirigerait pas mon pays pour les 4 années suivantes…. excellentes nouvelles tout le monde ! Deux chercheurs en Australie ont voulu tester l’hypothèse de PETA selon laquelle le sexe fait vendre les droits des animaux :

Des images de femmes dénudées sont utilisées par les annonceurs pour rendre des produits plus attrayants chez les hommes. Cette approche du « sexe fait vendre » est de plus en plus employée pour mettre en avant des causes éthiques, surtout par l’organisation de droits des animaux PETA. Pourtant les images sexualisées peuvent déshumaniser les femmes, nous laissant avec un paradoxe en suspens : est-il efficace de promouvoir une cause éthique en utilisant des moyens contraires à l’éthique ? Dans l’étude numéro 1, un échantillon d’étudiants masculins australiens (N = 82) ont regardé des publicités de PETA contenant soit des images sexualisées de femmes, soit non-sexualisées. Les intentions de soutenir l’organisation éthique étaient réduites pour ceux exposés à la publicité sexualisée, et cela s’expliquait par leur déshumanisation des femmes sexualisées, et non pas par une augmentation de l’excitation. L’étude numéro 2 a rassemblé un échantillon communautaire mixte des Etats-Unis (N = 280), répliquant cette découverte et l’étendant en démontrant que les comportements utiles à la cause éthique diminuaient après le visionnage de publicités sexualisées, dû une nouvelle fois à la déshumanisation des femmes représentées. Les explications alternatives relatives à la crédibilité réduite des femmes sexualisées et de leur objectification n’étaient pas appuyées. Lorsqu’elles promeuvent des causes éthiques, les associations pourraient bénéficier de l’utilisation de stratégies publicitaires qui ne déshumanisent pas les femmes.

La conclusion ?

Globalement, ces constatations sont les premières à démontrer que les images sexualisées qui déshumanisent les femmes réduisent les préoccupations relatives aux comportements éthiques dans un domaine sans rapport avec les relations de genre et le sexe. 

Salon annonce que PETA, en réponse à cette recherche, campait sur ses positions, insistant sur le fait que les femmes nues attirent le plus l’attention des médias. Donc, peut-être que nous déformons l’hypothèse de PETA. Ils utilisent des femmes nues non pas pour sensibiliser et mettre fin à l’exploitation animale, mais pour récolter des fonds et sensibiliser à propos de PETA. La tactique du « sexe fait vendre », comme je l’ai soutenu, est un indicateur du complexe industriel sans but lucratif, dans lequel des messages compromis et la récolte de dons sont prioritaires par rapport au véritable changement social. PETA ignore vraiment cette étude, même s’il a été démontré que leurs tactiques n’aident pas les animaux non-humains. Ils continueront à chosifier les femmes car « cela fait les gros titres ». N’est-il pas évident que cela n’a rien à voir avec un changement social efficace?

Je me demande si James McWilliams est prêt à retirer ses commentaires odieux de cet été ? Si vous vous en rappelez, il a suggéré avec désinvolture que si nous ne sommes pas certain de savoir si le sexe fait vendre ou pas, pourquoi ne pas chosifier les femmes de toute façon ? Bien sûr, même si cette étude démontre que ce n’est pas efficace, il existe également une montagne d’études qui démontrent que l’objectification sexuelle des femmes est directement liée à la violence envers les femmes et à leur dévaluation.
 

[Traduction] Chère Nouvelle Vegane

Trigger Warning : sexisme et violence sexuelle.

Dear-New-Vegan

Chère Nouvelle Végane,

Prépare-toi, car un parcours mouvementé t’attend. Devenir vegane est, au début, une expérience très frustrante et traumatisante. Tu devras apprendre à manger autrement, ce que tu peux acheter ou non, comment gérer tes amis et ta famille, et comment gérer les sentiments intenses de colère et de tristesse qui viennent lorsque l’on ouvre son esprit et son cœur à la souffrance des autres. Rien de tout cela ne sera facile, mais, je te prie de ne pas abandonner, car cela deviendra vraiment plus facile au fur et à mesure de ton parcours. Cela deviendra normal et habituel avant que tu ne le réalises, je le promets.

Tu te tourneras probablement vers la communauté vegane pour t’aider lors de cette transition. Tu te feras beaucoup d’amis formidables et tu apprendras beaucoup des autres. Tu ressentiras un grand sentiment de paix en sachant que tu n’es pas seule et qu’il existe d’autres personnes qui sont aussi passionnées que toi pour changer le monde.

Par la suite, cependant, tu pourrais commencer à réaliser qu’être vegane est une chose, mais qu’être vegane et s’identifier comme une femme est tout autre chose. Si tu es en couple, tu pourrais t’apercevoir que ton/ta partenaire est hostile par rapport à ton choix. Surtout si ton partenaire s’identifie comme un homme, ta présence vegane pourrait présenter une remise en question de son autorité masculine. Il pourrait insister sur le fait que tu ne pourras jamais le changer (même si tu n’as jamais mentionné quoi que ce soit à ce sujet !). Il pourrait insister à ce que tu prépares des plats non-vegans, ou que tu l’accompagnes dans des restaurants non-vegans. En tant que femme, tu pourrais ressentir une pression importante à concéder cela. On apprend très tôt aux femmes que les intérêts des hommes passent en premier. C’est nul, mais c’est comme ça. Ne te sens pas mal si c’est le cas.

Women-Vegans

 

 

 

 

 

 

 

 

Si tu t’identifies en tant que femme, tu pourrais réaliser que tes amis s’identifiant comme des hommes sont également rebutés par ton véganisme. Par exemple, un post Facebook bien intentionné qui rappelle à tes lecteurs que les animaux non-humains comptent aussi, pourrait ennuyer des hommes qui sont prompts à répondre par des commentaires te décrivant comme quelqu’un de a) trop sentimentale ; b) grande gueule ; ou c) « folle ». La sensiblerie, le franc-parler, et la maladie mentale sont toutes des caractéristiques hautement sexuées. Les femmes sont vite rejetées comme étant soit trop féminines, soit pas assez féminines. Pendant des siècles, nous les femmes avons été stéréotypées comme étant « hystériques » et de là institutionnalisées pour nous contrôler et nous faire taire. Tu te trouveras souvent entre le marteau et l’enclume : ne sois pas trop sentimentale, mais, en même temps, surveille ton ton et ne sois pas trop agressive. Tu réaliseras qu’il est quasiment impossible de leur faire plaisir, et je suggère que tu continues simplement à continuer ce que tu faisais.

Veganism-MasculinityMais tes combats en tant que femme végane pourraient ne pas s’arrêter là. Si tu décides qu’être vegane n’est pas assez et que tu veux t’impliquer dans l’activisme, tu feras à nouveau face à plus de violence masculine. L’activisme vegan est dominé par les femmes en termes de nombres, donc tu pourrais t’imaginer que c’est un espace sûr pour toi. De nombreuses manières, ça l’est. Tu trouveras de la solidarité féminine. En revanche, le mouvement vegan est fortement contrôlé par les hommes. Les hommes mènent l’activisme vegan – ils créent la théorie et ils définissent les tactiques qui sont acceptables. Ils occupent majoritairement la scène et leur voix sont les plus fortes.

Ce que cela veut dire c’est que tu ressentiras beaucoup de pression pour aider les autres animaux en ayant un rôle discret en coulisses en soutien de ces hommes. Tu pourrais aussi être encouragée à enlever tes vêtements pour certaines campagnes. Ce ne seront peut-être pas directement les hommes qui te diront de les enlever (les femmes t’encourageront aussi), mais les normes patriarcales du mouvement ont créé un environnement dans lequel on attend tout simplement des femmes qu’elles deviennent des objets sexuels « pour les animaux ». Tu pourrais commencer à penser que se déshabiller pour la cause est « libérateur ». Si tu commences à penser cela, wow, stop. Détrompe-toi. Songe également au fait que seules les femmes minces, blanches, cis sont autorisées à « s’émanciper » pour les autres animaux, et que réveiller les hommes sexuellement n’est pas réveiller les hommes sur le véganisme. Les recherches empiriques indiquent que faciliter l’oppression des femmes ne remet pas en cause l’oppression d’autres animaux.

Tu trouveras également beaucoup de harcèlement et de violence sexuelle envers les femmes dans le mouvement vegan. Je ne veux pas te faire peur, mais c’est la vérité, et tu devrais être prévenue. C’est quelque chose dont on parle peu, mais c’est plutôt monnaie courante. Si tu es une femme, ne laisse pas cela te dissuader : rappelle-toi simplement que l’engagement pour la justice sociale pour les animaux non-humains ne se traduit pas nécessairement en un engagement pour la justice sociale pour tous. Vraiment, ces hommes qui insistent sur le fait qu’ils se soucient des droits et du bien-être des femmes, des personnes de couleur, et autres groupes humains désavantagés tendent à être tout aussi dangereux que ceux qui ne prennent pas la peine de s’en soucier. Si tu t’identifies comme un homme, je t’implore de travailler pour rendre les espaces militants plus sûrs.

Malheureusement, le travail du changement du monde est le travail des hommes. Si tu t’identifies comme femme, il est probable que tu rencontres de la résistance si tu souhaites participer à la sensibilisation au véganisme de façon plus significative qu’en faisant le café ou en te déshabillant. Cela ne doit pas se passer comme ça. Essaye de ne pas te perdre. Reste forte, prend la parole, et demande à être respectée. Insiste pour que le véganisme soit une expérience positive et ferme. Ne laisse pas les mentalités oppressives de certains t’empêcher de faire le travail important que tu avais prévu. Et messieurs, soyez s’il-vous-plaît solidaires des femmes. Un peu d’aide ne ferait pas de mal.

P.S. Si tu es une femme de couleur, c’est un ensemble supplémentaire de défis. En tant que femme blanche, je ne peux pas parler en profondeur de ces défis, mais je peux te dire que le mouvement vegan peut être un endroit vraiment désagréable par moments. Jette absolument un oeil au Projet Sistah Vegan !

– Corey Lee Wrenn, M.S., A.B.D. Ph.D.

1. Cet article parle de l’expérience féminine, qui peut inclure celle des femmes trans, femmes intersexuées, et femmes gender-queers. Il faut prendre en compte le fait que les veganes trans, intersexuées, et gender-queers font face à un nombre supplémentaire de défis dans le mouvement.

[Traduction] Poules de jardin : étendre notre compréhension du préjudice

photo: Andrea White

(Traduction de l’article Backyard chickens: expanding our understanding of ‘harm’.

Cet article contient quelques approximations, notamment sur le sujet du rythme de ponte effréné des poules qui serait, selon l’auteure, dû uniquement aux croisements et manipulations génétiques par l’homme. Ce rythme de ponte serait en réalité dû également au fait qu’on leur retire leurs œufs en permanence, ce qui les amèneraient à pondre encore et encore jusqu’à épuisement. Le message final reste malgré tout le même : arrêtons de voir des êtres sentients comme des distributeurs d’œufs.)

Notre préjudice non-examiné envers les poules de jardin

La première question que les gens qui rencontrent nos poules sauvées nous posent est “est-ce qu’elles pondent des oeufs ?”  Pondre des œufs est clairement ce qui définit une poule pour la plupart des gens. Même les personnes pourtant mieux informées sont sous le charme des artifices de l’« industrie des œufs ».

On nous demande souvent, « où est le mal à manger les œufs de poules de jardin qui vont de toute façon les laisser là ? ». En réalité, beaucoup de personnes possédant des poules déclarent qu’elles ont une relation « symbiotique » avec elles. En échange d’un bon traitement, elles perçoivent leur « récompense » sous forme d’œufs que pondent leurs poules. Ça semble être une situation « gagnant-gagnant », mais nous verrons plus tard en détail en quoi cette logique ne tient pas la route. Afin de pleinement comprendre notre impact sur ces oiseaux, nous devons regarder bien au-delà du traitement.

Les couvoirs

Commençons là où presque tous les poussins naissent : dans les couvoirs. Lorsque nous achetons des poussins, nous soutenons directement et financièrement des couvoirs qui sont responsables de toute une série de pratiques incroyablement cruelles. Leur pratique la plus horrible est la macération (broyage à vif) et la suffocation de milliards de poussins mâles – 6 milliards à l’échelle mondiale chaque année. Ceux qui adoptent ou sauvent des poules de jardin, au lieu d’en acheter dans les couveuses, leur retirent leur soutien mais font malgré tout face à d’importantes considérations éthiques quand se pose la question, « quel est le mal à ramasser et manger les œufs que notre poule adoptée pond ? »

Les dégâts de l’élevage

Les poules élevées pour la ponte sont irréparablement touchées par les méthodes de sélection qui les ont amenées à pondre un nombre anormal et malsain d’œufs, entre 250 à 300 chaque année, ce qui se traduit par une variété de maladies douloureuses et potentiellement mortelles liées à leur système de reproduction ainsi que par une mort prématurée. Considérez le fait que la plupart des poules pondeuses, même les soi-disant races « patrimoniales », vivront seulement en moyenne jusqu’à l’âge de 4 à 6 ans (en assumant qu’on leur permette de vivre au-delà d’un ou deux ans, fleur de l’âge pour la ponte) et mourront probablement de complications liées à la ponte. Par contraste, les poules non-domestiquées vivant dans leur habitat naturel peuvent vivre jusqu’à 30 ans ou plus. Elles pondent des œufs comme les autres oiseaux sauvages, pour se reproduire, et seulement quelques couvées par an ; environ 10 à 15 œufs en moyenne.

Profiter du mal

Il existe un concept juridique bien connu appelé « le Fruit de l’Arbre Empoisonné » qui s’applique à la consommation des œufs de poule ainsi que de secrétions et de la chair d’autres animaux. Comme l’explique le professeur de droit Sherry Colb, « Si quelqu’un a commis un délit en acquérant un certain produit, …. il est injustifié d’utiliser et de profiter des « bénéfices » de ce produit tout comme il était injustifié de commettre le préjudice qui a permis l’acquisition du produit en premier lieu. En d’autres mots, on devient complice du méfait initial en profitant de ses fruits et en les utilisant comme source de plaisir, d’information, etc.. »

En réalité, notre système judiciaire reconnaît qu’il est immoral de retirer du plaisir ou du bénéfice au dépend de la souffrance de quelqu’un autre. Nous considérerions comme répréhensible, par exemple, de secourir un chien utilisé dans les combats de chiens et de faire valoir que, puisqu’il est déjà entrainé au combat, et en échange de l’avoir adopté et de lui procurer un toit, il est justifié de le faire se battre contre d’autres chiens et de faire des paris sur lui. Ou alors de le laisser être un chien de garde dans un endroit où il pourrait éventuellement être attaqué. Il pourrait après tout « faire sa part » puisqu’il est de toute façon un combattant. Mais il est évident que nous n’utiliserions jamais cette logique avec un chien secouru. Même si nous ne sommes pas directement responsables de la souffrance des poules, en mangeant leurs œufs nous bénéficions du mal qui leur a été fait, nous profitons de leur système de reproduction « endommagé », qui ne devrait même pas exister sans le fait des manipulations génétiques industrielles et des pratiques d’élevage contre lesquelles nous prétendons déjà nous opposer, puisqu’elles sont horriblement cruelles.

Logique de “Plantation” appliquée aux poules de jardin

Comme mentionné ci-dessus, les détenteurs de poules de jardin dépeignent souvent leur relation avec leurs poules comme étant une relation “gagnant-gagnant”. Elles procurent une vie magnifique à leurs poules et, en échange, leurs poules leur fournissent des œufs. Il y a au moins deux problèmes avec ce point de vue.

Premièrement, il ignore le fait que ces œufs [ndt : tout du moins le rythme de ponte] existent seulement à cause des manipulations systématiques des systèmes de reproduction des poules qui les forcent à produire une quantité anormale et malsaine d’œufs.

Deuxièmement, il est impossible pour les poules de donner leur accord dans ce genre d’arrangement. On assume qu’elles désirent faire ce sacrifice pour nous mais, en réalité, leur ponte intense, et les conséquences négatives qui en découlent,  leur ont été imposés, sans aucun choix de leur part. Oui mais, et si on adopte ou secourt des poules de jardin ? Et bien, comme le souligne l’auteur Charles Horn, « si le désir est de manger les œufs, est-ce que cela a influencé la décision d’adopter de manière consciente ou inconsciente ? Si c’est le cas, l’intention n’était pas juste de fournir un refuge, c’était aussi celle d’exploiter. »

Une exception qui invite plus d’exceptions

En créant une exception pour la consommation d’œufs de poules adoptées, nous ouvrons alors la porte à d’autres exceptions. Comme le souligne Horn, « S’il est justifié d’en manger, est-il justifié de les vendre ? Est-il justifié d’adopter beaucoup de poules et d’en tirer profit ?

A nouveau, nous pouvons nous apercevoir que nous raisonnons ici en terme d’exploitation et à quel point il est aisé pour les gens de glisser vers des pratiques d’élevage. S’ils ne le font pas, d’autres le feront certainement, car l’état d’esprit de l’exploitation est toujours présent. »

S’identifier comme “Mangeur d’œufs”

En faisant une exception pour la consommation d’œufs de certaines poules, nous nous identifions comme « mangeurs d’œufs » de manière générale. Cela crée souvent un « effet domino » qui est alimenté par au moins 4 réalités qui fonctionnent côte à côte pour créer cet effet :

1. Nous envoyons un message fort aux autres simplement en mangeant des œufs, peu importe leur origine, même ceux pondus par les poules de notre jardin.

2. L’industrie des œufs a testé des méthodes visant à séduire les consommateurs bien intentionnés et soucieux et a fabriqué des marques et récits de bien être qui suggéreront à tort que leurs œufs proviennent d’endroits tels que nos jardins.

3. La plupart des consommateurs sont toujours manifestement désinformés par rapport à la production d’œufs et à la cruauté associée, et les producteurs d’œufs utilisent bien entendu cela à leur avantage. Et finalement,
4. Les consommateurs sont fortement incités à croire au mythe humain avec lequel ces producteurs nous manipulent, à l’aide d’emballages, logos et publicités rassurants faisant miroiter le genre de conditions que nous associons aux jardins.

La triste réalité est que la plupart des consommateurs visés par ce type de marketing adhèrent au mythe, au sens propre comme figuré. Ou ils commandent des œufs dans un petit restaurant où les murs arborent des poules heureuses, et ils associent faussement cette expérience avec l’image de poules de jardin, alors qu’en réalité même les restaurants les plus hauts de gamme se fournissent en œufs de poules élevées dans des conditions déplorables.

Comme le souligne l’auteure Hope Bohanec, « lorsque quelqu’un mange les œufs de ses propres poules, il s’identifie alors comme un mangeur d’œufs et ne limite pas sa consommation d’œufs juste à ceux soi-disant « éthiques » provenant de ses poules. Il mangera également d’autres œufs au restaurant, chez un ami, etc.. donc il soutient encore l’industrie des œufs, même s’il pourrait s’identifier comme consommateur « éthique » d’œufs, il est peu probable que ce soit les seuls œufs qu’il consomme. » [ndt : cet argument est discutable. Certaines personnes se limitent à consommer uniquement les œufs de poule de leur jardin]

Renforcer le faux stéréotype de l’”industrie des œufs”

 photo: Pete Crosbie/Willowite Sanctuary

Consommer les œufs de poules de jardin renforce également leur image industrielle de « pondeuses » ou de machines à pondre, supposant que c’est leur but premier dans la vie, ce qui est incorrect. Le fait est que la ponte naturelle des poules n’est pas différente de celle de beaucoup d’autres oiseaux. Ce qui a changé est que l’élevage moderne a forcé les poules à produire une quantité obscène d’œufs non-fécondés. Au-delà de la ponte, les poules ont des comportements sociaux riches et complexes, ont beaucoup de centres d’intérêt et sont fortement conscientes d’elles-mêmes. Elles possèdent une mémoire à long-terme et démontrent clairement qu’elles anticipent des évènements futurs. Elles créent de profonds liens avec d’autres compagnes et d’autres espèces, comme les chiens et les humains. Et quand bien-même elles ne possédaient pas toutes ces capacités cognitives avancées, elles sont des êtres sentients qui ressentent la douleur et le plaisir tout comme nous. Et la sentience, et non l’intelligence, est la base en fonction de laquelle nous devrions traiter les autres.

En mangeant leurs œufs, nous impliquons que la valeur des poules réside dans leur capacité à produire pour nous en tant que source de nourriture, plutôt que de concentrer notre attention là où elle devrait être : sur la valeur intrinsèque des poules en tant qu’individus. « Tout comme nous ne voyons pas les êtres humains ou leurs secrétions comme source de nourriture, nous ne devrions également voir aucun être sentient ou ses secrétions de cette manière. », écrit Horn.

La logique de ne pas gaspiller les œufs

La notion populaire qu’il est dommage de gaspillerles œufs de poules en ne les mangeant pas se base sur la supposition que leurs œufs nous sont destinés, renforçant dès lors la notion anthropocentrique que les œufs nous appartiennent, et ne sont pas les leurs. Donc, en suivant cette logique, si nous découvrons des œufs abandonnés et non-fécondés de tortue ou de canard ou de rouge-gorge, nous sommes également obligés de les voler et d’en faire un repas pour ne pas les « gaspiller ». Si on se penche plus en avant sur cette logique, on s’aperçoit que le problème n’est pas le gaspillage, mais le conditionnement culturel. La raison pour laquelle nous percevons seulement les œufs de poules comme mangeables, et ne nous embêtons pas à recueillir ceux d’autres espèces, est juste un conditionnement culturel. Elever des poules dans le but de contrôler leurs corps et prendre leurs œufs est devenu une pratique socialement acceptable.

Que faire des œufs si on ne les mange pas ?

Lorsqu’on se débarrasse du concept anthropocentrique que les œufs de poules nous appartiennent, alors que pouvons-nous faire des œufs, si l’on souhaite à la place faire quelque chose pour aider ces oiseaux exploités ? Et bien, nous pouvons bouillir les œufs et écraser les coquilles. Nous pouvons ajouter les coquilles aux grains que nous leur donnons pour leur rendre les grandes quantités de calcium qui sont extraits de leurs os pour produire toutes ces coquilles. Nous pouvons également les nourrir avec leurs œufs pour leur rendre certaines des protéines et autres nutriments qu’elles perdent dans le processus de ponte de bien plus d’œufs qu’elles n’étaient censées produire à l’origine.

Si on laisse de côté le préjudice, nous pourrions prendre un moment pour réfléchir un peu plus au genre de relations que nous entretenons avec nos poules de jardin ainsi qu’au message que nous envoyons aux autres. Est-ce que toutes les relations que nous entretenons nécessitent quelque chose en retour ? Parfois, nous pouvons simplement montrer de la bonté et de la compassion. Parfois, nous pouvons simplement apprécier les autres pour leur valeur intrinsèque et ne pas baser leur valeur sur ce que nous pouvons tirer d’eux.elles. Et dans le cas des poules, ça n’aura jamais été aussi nécessaire, considérant toutes les souffrances que nous infligeons à 40 milliards d’entre elles dans le monde entier chaque année pour nos papilles gustatives.

 

(Illustration de Florence Dellerie)
Autre article sur les œufs de poules « heureuses » :