Notre Parcours et Notre Militantisme : Là où les deux chemins divergent

final

Traduction de Our Journey and Advocacy : Where the two roads diverge par Emilia Leese

On pourrait être amené à penser que les vegan·es forment un groupe itinérant de par toutes les références aux « parcours », « chemins » et « voyages » présents dans des expressions du genre « cela dépend où iel en est dans son voyage vers le véganisme » ou « c’est mon chemin vers le véganisme ». Je suis pour les voyages et les découvertes. Cependant, lorsque nous parlons de « notre parcours vegan », ce que nous faisons réellement passer comme message c’est que « nous » sommes le centre de notre véganisme, pas les animaux.

Chacun·e d’entre nous est arrivé·e au véganisme à la suite d’une expérience. Nous pourrions avoir vu un film, lu un livre, eu une conversation ou avoir été influencé·e par une campagne. Nous avons peut-être traversé un processus de réflexion, eu des inquiétudes par rapport à notre santé ou l’environnement ou eu une révélation soudaine, un moment de clarté, ou fait le lien entre notre nourriture, nos vêtements ou autres et leurs répercussions dévastatrices. Ça nous a peut-être pris des années pour devenir végan·e ou peut-être était-ce un choix pris tôt dans notre vie. Nous avons peut-être observé les Journées sans Viande pendant un certain temps. Nous avons peut-être même été végétarien·nes avant de réaliser que les produits laitiers et les œufs étaient tout aussi cruels que la viande. Ces expériences sont valides et importantes car elles définissent nos histoires individuelles et collectives et font partie de notre parcours de vie. Elles nous aident aussi à nous identifier aux autres et à leur manière de réfléchir ou d’envisager le véganisme. Cependant, elles n’ont pas plus ou moins de valeur que cela.

Que ça doit directement ou par implication, nous sommes tou·tes d’accord que nous étions égaré·e·s avant de devenir végan·e et que l’exploitation animale est injuste. Je n’ai toujours pas rencontré de végan·e qui ne m’ait pas dit quelque chose du genre « c’est la meilleure décision que j’ai pris·e » et/ou « j’aurais aimé le devenir plus tôt ». Il est évident pour nous que l’injustice envers les animaux est au cœur du véganisme. Et pourtant, lorsque nous militons pour le véganisme, nous ne sommes pas clairs.

Nous rétrogradons l’injustice au lieu de parler clairement pour les animaux. Nous mettons de côté la souffrance de 60 milliards d’animaux terrestres et de billions d’animaux aquatiques par an pour éviter à notre audience un peu d’inconfort temporaire. Nous promouvons la réduction de consommation de produits animaux, les petits pas, les améliorations du bien-être etc., et nous rationalisons une telle promotion à cause de notre « parcours ». Nous déplaçons l’attention loin des victimes et sur l’expérience culinaire des humain·e·s à la place, comme si le goût était plus important que la mort des animaux. Ferions-nous cela si nous discutions de violence physique ? Dirions-nous à un groupe d’agresseur·euse·s, « s’il-vous-plaît arrêtez d’agresser une fois par semaine » parce que nous pensons qu’autrement le groupe d’agresseur·euse·s pourrait ne pas écouter ou se laisser convaincre d’arrêter leurs coups ? Non. Nous ne le ferions pas car en ce faisant nous trahirions et renierions la souffrance des victimes. Nous pourrions ne pas atteindre tous les agresseur·euse·s ou les convaincre d’arrêter leurs coups, mais au moins nous ne leur donnons pas un laissez-passer pour continuer leur comportement, peu importe qu’ils réduisent la fréquence ou améliorent leurs méthodes. Qu’un individu modifie ou non son comportement est l’affaire de cet individu, mais notre message doit rester le même.

Les gens apprécient les messages clairs. Ce principe de base s’applique aux non-vegan·es que nous pourrions atteindre par notre militantisme. Si iels sont récepti·ves à nos discours concernant le sort des animaux, alors iels seront récepti·ves pour entendre un message clair sur le véganisme. J’ai eu des conversations avec des personnes me disant qu’elles ne mangeaient plus un animal en particulier ou ont sensiblement diminué leur consommation de produits d’origine animale et je leur demande pourquoi elles font cette distinction ou pourquoi elles limitent leur consommation de produits animaux à un jour. Je suis toujours clair que même s’il est « mieux » de causer moins de tort que d’en causer plus, je ne militerai pas pour moins que le véganisme. Bien souvent, ce genre de conversations débouche sur d’autres discussions et ce n’est jamais perdu. A vrai dire, il est clair selon moi que beaucoup de personnes seraient devenues véganes plus tôt si elles avaient entendu un message clair à propos du véganisme, au lieu des messages de « réduction de la consommation » ou d’« exploitation heureuse » que beaucoup de « militant·e·s de la cause animale » promeuvent.

Nos expériences personnelles sont précieuses car nous comprenons d’où viennent les non-végan·es. Ce sont des outils utiles que nous pouvons utiliser pour communiquer de manière amicale et réfléchie nos expériences communes, pour éduquer, bannir les idées fausses, répondre aux questions et démystifier le véganisme. Mais elles ne sont pas la ligne de base à partir de laquelle nous devrions militer pour le véganisme. Le sort des animaux devrait être notre balise inébranlable car ils en paient le prix ultime, et c’est le minimum que nous puissions faire pour eux.

« Végétarien » à la retraite

Traduction de Retiring « Vegetarian » publié sur Vegan Publishers

vegan1-1280x333

Avec l’arrivée de 2016, une période naturelle de changement et de remise en question, je me suis demandé si le temps n’était pas venu de mettre le terme « végétarien » au placard. Peut-être le mot avait-il plus de signification au 19e siècle et plus de valeur en terme de dialogue émergent concernant le rôle des animaux non humains dans notre société et la manière dont on choisit de vivre parmi eux. Je ne suis pas certaine que le terme soit encore utile et je pense qu’il pourrait en réalité faire plus de tort que de bien.

Le mot végétarien est utilisé depuis 1839, et fut rendu populaire par la fondation de la Société Végétarienne (Vegetarian Society) à Manchester, au Royaume-Uni, en 1847. En 1839, le terme était utilisé pour désigner ce qui était alors connu comme un « régime alimentaire végétal », qui pouvait inclure ou non des produits laitiers, des œufs, et autres.

En 1944, Donald Watson arriva et fonda la Société Végane (Vegan Society) qui définit le véganisme comme une éthique centrée sur la réduction du mal fait aux animaux, qui évidemment impliquait l’abstention de toute utilisation d’animaux pour la nourriture ou d’autres buts. Beaucoup de ceux qui devinrent membres de la Société Végane avaient auparavant été membres de la Société Végétarienne.

Depuis lors, on reconnait de plus en plus qu’il n’y a fondamentalement aucune différence éthique entre la consommation de la chair d’un animal non humain abattu par rapport à, par exemple, les secrétions d’une vache. En réalité, on pourrait facilement avancer que les produits laitiers sont bien plus cruels puisqu’ils impliquent l’imprégnation forcée, la séparation d’un enfant et de sa mère, l’abattage de bébés animaux, l’appropriation du système reproductif des animaux qui continue durant toute leur courte vie, et, au final, l’abattage des animaux impliqués.

Alors pourquoi est-ce que les restaurants végétariens existent ? Pourquoi ne sont-ils pas végans ? D’un point de vue topographique, les sécrétions animales et autres « produits » ne ressemblent pas à de la nourriture végétale, et impliquent fonctionnellement autant de cruauté que la chair animale.

De même, pourquoi est-ce que les VegFest (ndt : Festival « Veg ») ne sont pas nommés « Vegan Fests » ?  Ces évènements se réfèrent généralement eux-mêmes comme étant « veg » ou végétarien, tout en refusant souvent qu’on serve des produits laitiers, des œufs, du miel, ou tout autre sous-produits animaux. Pourquoi utiliser des labels qui réifient et soutiennent l’exploitation animale alors que nous pouvons utiliser un langage qui démontre que nous sommes engagés à mettre fin cette exploitation ?

Avant de dire que les gens sont moins « repoussés » par le terme « végétarien » que « végan », peut-être que nous devrions nous demander pourquoi cela pourrait être le cas. Si nous avons peur de promouvoir le véganisme ou même d’utiliser le mot, évidemment qu’il deviendra un mot banni. Si nous permettons aux autres de silencer notre message végan et utilisons une terminologie qui les rend « plus à l’aise », peut-on réellement prétendre militer sans détour pour les animaux ?

Le mot végétarien a joué un rôle fondamental dans la mise en lumière de la relation humain/non humain, mais après une longue et illustre carrière, je pense que ce terme est prêt pour la retraite. A partir du moment où une personne décide d’éviter autant que possible la violence et la souffrance envers les animaux non humains et humains, la seule voie possible est le véganisme.

***

unnamed-1

Saryta est une éditrice, militante de justice sociale, et autrice du livre Until Every Animal is Free. Après avoir travaillé à la David Black Literary Agency et le Penguin Group, Saryta s’est dirigée vers l’ouest et a fondé sa propre firme d’édition et de consultance, Brave New Publishing. Elle aime la randonnée, la bonne musique, et le temps chaud, et n’est clairement pas accro à la série de jeux Fallout.

Hayden

Hayden-banner-960x250

Traduction de Hayden, publié le 16 décembre 2015 sur Vegan Publishers.

Voici Hayden.

Hayden

Hayden fut torturé de nombreuses années dans un laboratoire scientifique, où des tests étaient effectués sur sa peau. Même avant le début des tests, Hayden avait été réduit en esclavage dès sa naissance en ayant été « conçu » sans poils, pour faciliter les tests. Voici l’un des nombreux exemples de violation de l’autonomie corporelle des animaux non humains par la domestication et l’élevage : en créant stratégiquement leurs corps pour servir les humains, au lieu de permettre à ces corps de se développer naturellement et de veiller à leurs propres besoins.

Les cochons sauvages ont évolué pour se protéger du soleil grâce à leurs poils épais, mais les cochons domestiques sont croisés pour avoir bien moins de poils, les rendant vulnérables aux risques de coups de soleil et d’insolation. Les cochons choisis pour la “science”, comme Hayden, sont mis au monde pour être totalement imberbes, augmentant encore plus leur exposition au soleil. Dans un environnement naturel, Hayden aurait déjà été désavantagé ; alors, il fut condamné à des années de souffrance dans un laboratoire.

Comme vous pouvez constater dans l’image ci-dessus, la peau d’Hayden est définitivement distincte de celle de ses congénères. Elle est d’une couleur brun foncé et rugueuse, et les braves personnes au Harvest Home Sanctuary de Stockton, en Californie, qui sont aujourd’hui ses soignants, doivent régulièrement mettre de l’antisolaire sur sa peau. Chose étonnante, malgré tout ce qu’il a été forcé d’endurer par les humains, il est quelqu’un de très confiant et d’amical. Timide aux premiers abords, si vous passez du temps calmement près de lui et que vous lui laissez son espace, il viendra petit à petit se réchauffer contre vous, et avant que vous ne le remarquiez, vous serez déjà blotti-e contre lui.

J’ai choisi de partager l’histoire d’Hayden pour de nombreuses raisons. La première est pour mettre en lumière le mal irréparable que l’élevage cause aux non humains, et pour réitérer à quel point c’est un aspect fondamental du mouvement de libération des animaux : ils ne pourront jamais se rapprocher de la « liberté » ou de l’« autonomie » si nous continuons à les mettre au monde et à transformer leurs corps avant même qu’ils soient nés. Hayden est également représentatif de la résilience d’esprit dont sont capables les animaux non humains. Alors que nous humains avons souvent des difficultés à nous pardonner l’un l’autre pour des choses bien plus futiles, Hayden est malgré tout capable de donner sa confiance, et ne tient pas toute l’humanité pour responsable de ce qu’une industrie humaine corrompue lui a fait subir.

L’histoire d’Hayden sert aussi à nous rappeler que le véganisme n’est pas un régime alimentaire. Tant de campagnes et de rhétorique sur le véganisme se concentrent sur ce que les gens mangent ou ne mangent pas. Hayden n’a jamais été mis en danger d’être consommé, mais cela ne signifie pas qu’il devrait être écarté de notre lutte. Nous devons nous souvenir d’Hayden, ainsi que de tous les non humains dont les corps sont utilisés pour faire des sacs et des chaussures, et qui souffrent d’autres violations tout en restant en vie, lorsque nous parlons de véganisme et que nous encourageons les autres à devenir végan-e, et pas juste nous concentrer sur ce qu’il y a dans leur assiette.

Pour terminer, j’espère que cette histoire inspirera les personnes qui ne se sont pas encore impliquées dans leurs sanctuaires locaux à le faire. Les manières d’aider un sanctuaire abondent. Vous pouvez donner de votre temps en y faisant du bénévolat, si vous en êtes capable. Vous pouvez effectuer des dons ou donner des fournitures, beaucoup de sanctuaires ont des wish-list sur leur site et/ou dans leurs newsletters, comprenant des objets bon marchés et faciles à trouver, tel que des serviettes ou des couvertures. Même simplement faire passer le message et amener les autres à visiter des sanctuaires, plus particulièrement ceux et celles qui sont habitué-es à voir les non humains comme de la nourriture, des vêtements ou des accessoires plutôt que comme des amis ; cela peut faire de grandes choses pour le mouvement.

Saryta

[Traduction] Lettre ouverte aux hôtes pour les fêtes de fin d’année

(Traduction de « An open letter to non-vegan holiday hosts« )

Publié le 8 décembre 2015 sur Vegan Publishers

35012c0a-3bd5-4466-a0c9-f5a78b937431-960x250

Comme les fêtes de fin d’année arrivent à grands pas et que vous vous préparez peut-être à accueillir sous votre toit la personne végane de votre famille, j’aimerais profiter de l’occasion pour vous parler de certaines choses qu’il-elle n’oserait peut-être pas aborder avec vous. Je n’écris pas cette lettre pour vous provoquer ou vous faire honte, mais plutôt pour vous encourager à tenter de développer une meilleure compréhension en regard de ce qu’il-elle traverse.

Pour planter le décor, permettez-moi de vous inviter à un petit exercice mental que vous prendrez, je l’espère, au sérieux. Imaginez que vous soyez invité-e à un évènement où l’on sert du chat rôti en plat principal. Imaginez les organisateurs « préparant » le chat mort, retirant ses intestins, insérant des morceaux de pain dans son anus, et plaçant son corps dans le four. Plus tard, lorsque le chat est bien cuit, vous êtes assis-e à table occupé-e à regarder les autres dépeçant le chat et faisant la fête comme s’ils ne mangeaient pas un chat devant votre nez. (Je suppose que vous ne prenez pas part au diner dans ce scénario.)

Fin de la scène. Est-ce que l’idée même de participer à cet évènement vous dérange ? Comment vous sentez-vous par rapport aux participants ? Si vous êtes comme la majorité des gens, ce scénario vous dérangerait profondément. Bienvenue dans le monde des végan-es pendant la période de fin d’année. (NDT : et de n’importe quel repas ou évènement)

Un aspect important de l’éthique végane est de voir tous les animaux sentients comme étant des êtres semblables et méritant tous de vivre. Il n’y a pas de distinction de valeur entre une dinde et un chat, un dauphin, un chien ou une vache.

La seule chose qui distingue vraiment ce mode de pensée, cette différenciation des animaux, est ce qu’on nous a appris par rapport à leur « utilisation ». La société voit l’abattage et la consommation des dindes comme quelque chose d’acceptable, alors que d’autres animaux sont considérés comme non-comestibles.

Pour les végan-es, tous les animaux (NDT : et leurs « sous-produits ») sont non-comestibles, car tous et toutes pensent et ressentent ; tous et toutes ont le désir de vivre, tout comme nous. Il n’y a pas de différence entre espèces pour un-e végan-e. Les végan-es ont désappris les distinctions arbitraires entre espèces, et il est donc tout aussi dérangeant d’être témoin de violence envers une dinde ou un cochon qu’envers un chat ou un chien. Nous ne voyons plus de différences, et beaucoup d’entre nous ont développé des liens affectifs envers ces animaux « de ferme », tout comme l’ont beaucoup de gens envers un animal domestique traditionnel.

Donc, si vous recevez un membre de votre famille qui est végan-e pour ces fêtes de fin d’année, j’aimerais que vous soyez conscient-e de la difficulté que cela représente pour lui-elle. Pas seulement parce qu’il-elle doit être témoin de la mutilation et de la consommation d’un animal qui voulait vivre, mais aussi parce qu’ils observent les personnes qui lui tiennent le plus à cœur participer à cela.

J’espère que vous comprenez qu’il-elle doit tenir énormément à vous, si fort qu’il-elle a décidé de se joindre à vous, malgré le fait qu’il-elle puisse être profondément dérangé-e par votre participation à la souffrance animale. Pour être franc, il-elle doit probablement être également déçu-e, parce qu’il-elle vous connaît comme une personne aimable, mais votre participation à cette cruauté va à l’encontre de sa haute estime envers vous.

Je suppose qu’il-elle pourrait également ressentir un certain niveau de rejet de votre part car, si vous cherchiez réellement à comprendre pourquoi il-elle a choisi de devenir végan-e, vous le deviendriez aussi. Il n’y a pas de justification logique ou éthique pour tuer et consommer des produits animaux, car c’est biologiquement inutile et même malsain pour nous. C’est peut-être ce qui est le plus difficile pour lui-elle ; il-elle voudrait tellement que vous compreniez sa compassion pour les animaux, car cela fait grandement partie de son être.

Pour beaucoup de végan-es, les vacances ont aussi un gout amer car nous nous rappelons affectueusement des bons moments où nous retrouvions notre famille et discutions de tous les changements dans notre vie et de ce que nous avions appris pendant que nous étions éloignés les un-es des autres. Ce genre de discussion pourrait ne plus être possible lorsqu’on devient végan-e, car peu de personnes veulent entendre parler de compassion pour les animaux et de la justice que nous réclamons pour eux.

Je comprends que votre réponse pourrait être « Mon toit, mes règles », ce qui est certainement votre droit. Vous n’avez aucune obligation d’être accommodant-e envers lui-elle en organisant un repas végan. Cependant, au même titre, je vous invite à respecter son-sa décision de s’abstenir de venir aux futurs fêtes de fin d’année chez vous si c’est son choix, car il-elle pourrait également avoir besoin de décider ce qui est le mieux pour lui-elle et ce qu’il-elle est capable de supporter. Pour certain-es végan-es, ce n’est tout simplement pas sain pour eux-elles, ou pour votre relation avec eux-elles, d’être exposé-es à la cruauté animale, et ils-elles doivent décider cela par eux-elles-mêmes. Beaucoup de végan-es préfèrent juste passer des fêtes de fin d’année véganes chez eux-elles, là où ils-elles peuvent éviter d’être exposé-es à la cruauté animale.

Donc ma dernière demande est que vous preniez réellement le temps de l’écouter pendant cette période de fête et d’essayer de mieux comprendre à quel point il-elle a changé et pourquoi il-elle est si passionné-e par le sort des animaux. Peut-être que pour la prochaine période de fête vous pourriez lui montrer que vous comprenez cela en organisant une fête végane, ou encore mieux, en devenant vous-même végan-e : ce serait le plus beau cadeau que vous pourriez lui faire ainsi qu’aux animaux qui ne souffriraient plus.

Dr. Casey Taft

[Traduction] Les messages dominants de plaidoyer animal encadrés par ceux et celles créant le préjudice

(Traduction de « Mainstream Animal Advocacy Messages Framed By Those Doing The Harm », Dr. Casey Taft)

index

J’ai récemment discuté avec un activiste hautement respecté lié à ceux et celles menant les organisations dominantes de plaidoyer animal, sur la manière dont ces groupes demandent maintenant aux autres de seulement « devenir végétarien » et de « réduire » leur consommation d’animaux (réductarianisme) au lieu de promouvoir le véganisme. Il m’a dit quelque chose que j’ai toujours su intuitivement mais que je n’ai jamais pu digérer : ces organisations forment leurs décisions militantes sur base d’études de marché. En d’autres termes, pour déterminer la meilleure manière d’encourager les gens à arrêter d’exploiter les animaux, elles demandent à ceux et celles qui les exploitent comment nous devrions leur faire passer notre message.

Prenez le temps de méditer là-dessus et demandez-vous ensuite à quoi cela ressemblerait si on appliquait cela à n’importe quel autre mouvement de justice sociale. Est-ce que vous pensez que les gens de Black Lives Matter effectuent des sondages chez les racistes blancs en vue de déterminer la manière dont on pourrait mettre fin à l’injustice raciale ? Est-ce que les féministes organisent des groupes de recherche avec des hommes sexistes pour réfléchir à la meilleure manière de mettre fin au patriarcat et à la violence envers les femmes ? Bien sûr que non ! Il est absurde de demander à ceux et celles perpétuant l’oppression comment nous devrions leur parler pour les encourager à arrêter d’oppresser.

Bien entendu, lorsque nous demandons à des non-végan·es quelle serait la meilleure manière de faire du plaidoyer, ils·elles nous diront que nous devrions seulement leur demander de réduire leur consommation de « produits » animaux. Ils·elles préfèreraient que nous ne mentionnons jamais le mot « vegan » car cela les mettrait mal à l’aise. Voilà pourquoi les organisations dominantes de plaidoyer animal appellent maintenant au réductarianisme et au végétarisme plutôt qu’au véganisme. Elles peuvent s’engager dans leur plaidoyer sans contrarier une grande partie potentielle de donateurs qui financent leur organisation et leurs salaires.

Nous ne devrions jamais demander aux autres moins que le véganisme, en suggérant de devenir végétarien ou réductarien à la place car cela les met plus à l’aise. Se sentir à l’aise n’amènera pas de changement radical vital pour les animaux. Il faut que nous aidions l’ensemble de la société à sortir de sa zone de confort et à rejeter au final l’injuste à laquelle nous exposons les animaux de par leur utilisation et leur exploitation. Les animaux non humains méritent la justice et la fin de leur utilisation, pas d’analystes de marché qui demandent à ceux·celles perpétuant l’injustice la meilleure manière de leur parler.

Faisons un exercice mental, juste pour les végan·es. Souvenez-vous du moment où vous n’étiez pas végan·e, lorsque le sort des animaux non humains n’était même pas sur votre radar. Peut-être que vous ignoriez délibérément ce qui leur arrivait ou peut-être n’étiez-vous tout simplement pas informé·e et ignorant·e. Maintenant, imaginez qu’un grand groupe de plaidoyer pour les animaux vous contacte au hasard, et vous demande votre aide pour mener une grande campagne de récolte de fonds pour mettre fin à l’exploitation des animaux non humains. Est-ce que vous pensez être qualifié·e pour mener une telle campagne ? Ou pensez-vous que votre « vous » actuel·le, en tant que végan·e avec une autre perspective, pourrait être plus à même pour cette tâche ? Il est évident que nous sommes mieux positionnés en tant que végan·e pour savoir comment élaborer un message pour les droits des animaux, car nous connaissons certains concepts de l’injustice que les animaux endurent.

Nous aidons le mieux les autres à devenir végan·e si nous discutons des implications de notre utilisation des animaux ; l’argument éthique est de loin notre argument le plus puissant. Les grands groupes de plaidoyer ayant accès à des ressources financières considérables et à des audiences importantes disent aux autres que nous devrions demander aux gens de réduire leur exploitation, plutôt que d’y mettre fin, diluant notre message collectif végan de justice sociale et sapant l’argument éthique. On enseigne à trop de personnes que l’exploitation animale est justifiable avec modération, et que la meilleure approche pour atteindre un monde végan est de ne pas du tout parler du véganisme. Soyez conscients de l’origine de cette approche de plaidoyer aberrante : la flatterie de ceux perpétuant l’exploitation animale par les grands groupes de plaidoyer animal.

Notre mouvement ne devrait pas être guidé par les préférences de ceux qui ne veulent jamais voir la fin de l’exploitation des animaux. Cela peut aider les grands groups à récolter des dons provenant de ceux et celles qui sont contents qu’on ne leur demande pas de devenir végan·e, mais cela n’aide certainement pas les animaux non humains. Il est temps que notre mouvement se penche collectivement sur l’utilisation animale comme sur toute question de justice sociale.

Dr. Casey Taft

[Traduction] Pseudoscience dans le Mouvement pour les Droits des Animaux, de Dr. Casey Taft

(Traduction de « Pseudoscience in the Animal Right Movement, by Dr. Casey Taft »)

Animal-Advocacy_Banner

J’ai précédemment exprimé mes inquiétudes concernant une étude dans laquelle le Humane Research Council (aujourd’hui appelé Faunalytics) a déformé ses résultats pour faire valoir que nous devrions militer pour que les gens réduisent leur consommation de viande plutôt que de promouvoir le véganisme. Comme je l’ai remarqué, leurs résultats montraient l’opposé de leurs conclusions et indiquaient que nous devrions au contraire faire la promotion du véganisme plutôt que du « réductarisme ». Les autres failles de l’étude étaient notamment qu’il n’y avait pas d’hypothèses vérifiables basées sur la théorie et qu’ils définissaient mal le véganisme en le définissant simplement comme un régime alimentaire (plutôt que comme une position éthique contre l’utilisation animale). Qui plus est, ils n’ont pas soumis leurs résultats à une relecture par des pairs, qui est la méthode standard dans la communauté scientifique.

Donc, lorsque j’ai découvert qu’un autre groupe, le Humane League Labs, avait conduit une récente étude qui concluait de manière similaire que nous devrions encourager les gens à réduire leur consommation animale plutôt que de l’éliminer complètement, j’étais naturellement sceptique. J’ai alors lu le rapport complet, pour vérifier si leurs données concordaient avec leurs conclusions. Comme je le soupçonnais, ce n’était pas le cas.

Le principe de cette étude est connu de nous tous. Ils ont administré des brochures qui « traitaient de la cruauté de l’élevage industriel et des bénéfices pour la santé que procurait l’élimination des produits d’origine animale de notre alimentation. ». Ensuite, les auteurs ont utilisé 8 brochures différentes qui appelaient à différentes actions : certaines demandaient à leurs lecteurs de « manger végétalien » ; d’autres de « manger végétarien » ; d’autres de « manger moins de viande » ; et d’autres d’ « éliminer ou de réduire » la viande et autres produits animaux.

Tout comme pour la dernière étude que j’avais critiquée, il y a également de sérieux problèmes théoriques et méthodologiques avec celle-ci. A nouveau, un problème primordial avec cette étude est que le véganisme n’est pas correctement représenté. Une approche végane ne se concentrerait pas seulement sur « l’élevage industriel » mais traiterait de l’éthique de la consommation animale dans son ensemble. Elle ne se concentrerait également pas sur la santé. Donc à nouveau, si les auteurs souhaitent tirer des conclusions sur l’approche végane et son efficacité, alors il convient d’employer réellement cette approche.

Je ne vais pas me pencher en détail sur les problèmes méthodologiques mais l’approche utilisée ne serait vraisemblablement pas considérée comme acceptable si elle devait être soumise à une relecture par des pairs. Les problèmes majeurs sont notamment un faible taux de réponse (moins de la moitié) au suivi et pas de prise en compte des données manquantes (par exemple, absence d’analyse des données) ; le recours à des « scores de changement », qui est une approche analytique de données assez faible ; un manque de clarté concernant la randomisation des participants en groupes ; et des tailles de groupes inégales.

Ce qui est bien plus inquiétant, cependant, est la manière dont les données ont été déformées pour convenir à l’approche de ce groupe. Ceux du groupe « contrôle » ont réduit leur consommation de viande et de produits laitiers plus que tout autre groupe. Qui plus est, les seules données statiquement significatives étaient celles qui démontraient que ceux du groupe contrôle ont réduit leur consommation de manière plus importante que ceux qui ont reçu des messages différents. En d’autres termes, la seule découverte « significative » des analyses de données principales est que les individus réduisent leur consommation de viande et de produits laitiers de manière plus importante lorsqu’on ne leur demande pas de changer quoi que ce soit, que si on leur demande de changer certaines choses dans leur consommation. Ces résultats contre-intuitifs suggèrent que les problèmes méthodologiques que j’ai relevés précédemment pourraient remettre en question l’entièreté de ces résultats. En bref, ces résultats n’ont pas vraiment beaucoup de sens, et il y a toutes les raisons pour être sceptique que cette étude soit en quoi que ce soit utilisable.

Les auteurs, en revanche, ont interprété des résultats qui n’étaient statistiquement pas significatifs pour conclure que le message d’ « éliminer ou de réduire » la viande et autres produits animaux « pourrait être l’approche la plus efficace » pour que les gens réduisent leur consommation de produits animaux. Ces conclusions sont injustifiées au vu des véritables résultats, du manque de signification statistique des différences entre les groupes (excepté pour les différences montrant que ceux ne recevant aucun message ont plus fortement diminué leur consommation), et les problèmes méthodologiques qui jettent le doute sur la validité des données.

La pseudoscience est « une affirmation, croyance, ou pratique qui est présentée comme scientifique, mais qui n’adhère pas à une méthodologie scientifique valide, n’est pas soutenue par des preuves ou plausibilité, ne peut pas être testée de manière fiable, ou bien manque d’un statut scientifique. » Lorsqu’un groupe encadre une étude et déforme les conclusions pour qu’elles cadrent avec leur méthode préférée de militantisme, il se livre à de la pseudoscience. De telles pratiques semblent être trop fréquentes dans le militantisme animal, ce qui est décevant et potentiellement dangereux. Les médias et d’autres groupes partagent les conclusions de cette étude, assumant qu’elles sont valides. Les organisations qui mènent ce genre d’études peuvent faussement avancer que leur méthode militante se « base sur des preuves ». Il est potentiellement dangereux pour les animaux de promouvoir la notion que certaines formes de militantisme sont plus efficaces que d’autres, basé sur une étude viciée et fortement biaisée. Nous pouvons et devons faire mieux que ça.

Dr. Casey Taft

[Traduction] Privilège masculin, Déraillements de la Discussion et la Politique de la Politesse

(Traduction de Male Privilege, Discussion Derailments and The Politics of Politeness posté sur Vegan Feminist Network)

dawson-leery-is-crying-male-tears

J’ai eu une conversation hier avec un collègue qui soutient la violence et les réformes de bien-être dans la lutte pour les droits des Animaux Non Humains. En tant qu’abolitionniste, je rejette ces tactiques, étant non seulement bancales idéologiquement mais contreproductives. Les débats violence/non-violence et abolition/bien-être ont une longue histoire derrière eux dans le mouvement, et les débats sur leur efficacité n’en finissent pas. De par ma spécialisation dans la théorie du mouvement social développée durant ma vie universitaire, j’ai un avis plutôt forgé sur ce genre de sujets. Mon collègue, cependant, n’est pas universitaire et n’est pas versé dans la science des mouvements sociaux, basant sa position sur le discours dominant (dirigé par les hommes) du mouvement. Au fil de la discussion et vu que je maintenais fermement ma position sur le sujet, mon collègue a fait remarquer qu’il ne pensait plus pouvoir me parler sans être au final accusé de sexisme. C’était peut-être parce que j’utilisais le langage du privilège pour discuter de la domination des organisations welfaristes dans le mouvement, ou peut-être parce que j’ai fait remarquer que les tactiques violentes sont patriarcales et tendent à attirer les hommes. Peu importe la raison, on me pointait du doigt pour avoir communiqué ma position dans le cadre de l’inégalité. Je ne l’ai certainement jamais accusé de sexisme. Cependant, il m’est vite venu à l’esprit que mon collègue n’avait pas formulé cette affirmation suite à une véritable exaspération, mais plutôt comme outil de manipulation visant à faire dérailler la discussion et rétablir la suprématie masculine.

Les hommes sont conditionnés à s’attendre à dominer le débat. Ils sont conditionnés à croire qu’ils ont raison, que leur opinion importe, et que cette opinion est la plus importante. Ce n’est pas basé sur l’expérience ou sur la connaissance, mais plutôt sur leur statut social privilégié en tant qu’homme. Les femmes, à l’inverse, sont conditionnées selon la politique de la politesse. On nous apprend à donner plus d’espace de parole aux hommes, à estimer leurs opinions peu importe leur ridicule ou leur offense, pour apaiser leurs égos, etc. Des décennies de recherches sociologiques sur la discussion, le langage, et l’espace social concernant les interactions mixtes ont confirmé que les hommes parlent plus, ils occupent plus d’espace, ils dictent la discussion, et leurs opinions sont vues comme plus crédibles et légitimes. Les femmes, au contraire, parlent moins, soutiennent plus, et occupent moins d’espace. Leurs opinions sont également extrêmement dévaluées.

Lorsque les hommes se plaignent de ne pas pouvoir dire quoi que ce soit sans être accusés de sexisme, voici ce qu’ils disent réellement :

1. Je suis habitué à avoir le contrôle de la conversation; votre conscience de la politique sexuelle rend difficile pour moi d’adopter en douceur ce privilège invisible.

2. Je suis habitué à pouvoir parler de n’importe quel sujet sans qu’on remette en question mon autorité, la possibilité qu’on m’accuse de sexisme interfère avec mon autorité.

3. J’utilise la politique de la politesse pour vous confondre à donner priorité à mes sentiments et intérêts.

4. La théorie féministe est une charade. Le sexisme n’est pas réel, vous utilisez juste cette rhétorique pour gagner le débat.

Cette tactique est une variante de la « tone-policing » (ndt : littéralement « police du ton » : se concentrer sur la manière dont on dit quelque chose, peu importe qu’elle soit vraie ou non). Plutôt que se concentrer sur l’argument développé, un déraillement est créé en invoquant l’égo masculin meurtri, le caractère de la femme, et l’authenticité du féminisme. Les femmes sont détournées d’un sujet sur lequel elles peuvent exprimer leur propre autorité lorsque les hommes exploitent la féminité et font pression sur les femmes pour qu’elles montrent du respect à la structure sociale patriarcale. La validité de mon argument se trouve mise sur le côté, je dois d’abord m’occuper de ses sentiments. Ne pas s’occuper d’abord des sentiments des hommes est un pêché capital dans le patriarcat. Être une femme avec une opinion éclairée semble également être une grande offense.

Enfin, il est extrêmement important de reconnaître que lorsque nous individualisons l’oppression, nous obscurcissons sa nature systémique. Si nous ne pouvons pas débattre d’oppression systémique parce que les gens de privilège donnent priorité à leur inconfort pour ce qui semble être une attaque personnelle, nous ne pourrons pas avoir les discussions importantes nécessaires pour créer une société égalitaire. En faire une question personnelle (« Hey, je ne suis pas sexiste ! » ; « Hey, tu dis que je suis un raciste ?! ») fait sérieusement dérailler la conversation. Au lieu de remettre en question l’oppression culturelle,             les militantes se voient amenées à s’occuper des sentiments de personnes de privilège qui sont habituées à être à l’abri de l’inconfort. Cela devient extrêmement pénible pour les personnes oppressées de devoir se plier en permanence aux sentiments des personnes privilégiées. Faire cela redirige l’attention des oppressés vers les oppresseurs. Cela ferme également le dialogue, interfère avec la pensée critique, et entrave le travail de justice sociale.

[Traduction] L’alimentation végétalienne des vegan·es : bonne pour la santé ?

L’alimentation végétalienne des vegan•es : bonne pour la santé ?

Posté le 13 septembre 2014 sur There’s an Elephant in the Room

486053_495818307149697_346720597_n

Une alimentation végétalienne n’est pas le véganisme ?

Vous pourriez avoir lu qu’une alimentation végétalienne et le véganisme ne sont pas synonymes. C’est correct, mais je n’ai compris cette différence que lorsque je suis devenue vegane, et je vois encore beaucoup de confusion à ce sujet, certains affirmant que faire la distinction entre les deux est pédant. Donc avant de discuter de la question santé qui est le sujet de ce billet, j’aimerais clarifier la différence. L’incompréhension fondamentale est présente chez ceux qui considèrent le véganisme comme un régime alimentaire, beaucoup d’entre eux choisissant l’alimentation végétalienne pour les bénéfices sur la santé dont ils profiteront certainement. Si le véganisme était un régime alimentaire, alors faire la différence entre les deux serait en effet « du chipo » (pour reprendre une accusation).

La perception du véganisme comme régime alimentaire peut donner lieu à toutes sortes d’incompréhensions et pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Après tout, un régime alimentaire a tendance à être quelque chose que nous adoptons pour notre propre bénéfice pendant une période donnée et dans un but donné, tel que perdre du poids, et soyons honnêtes : qui n’a pas triché lors d’un régime ? En règle générale, les régimes alimentaires ne concernent que notre personne.

Le Véganisme en résumé

Cependant, devenir vegan•e n’est pas juste une nouvelle manière de repenser nos habitudes alimentaires, une série de nouveaux menus. En réalité, le véganisme ne nous concerne pas du tout. Le véganisme est une position éthique, une vue globale du monde. Le véganisme se concentre sur les êtres qui partagent cette planète avec nous, les individu•es sentient•es qui tiennent à leur vie, qui ne sont pas des objets à posséder et à détruire quand ça nous chante. Il•Elles ne sont pas là pour qu’on les utilise et qu’on les réduise en esclavage. Devenir vegan•e revient à comprendre et à accepter cela.

Cette acceptation a des implications profondes et de grande envergure : les vegan•es cessent de porter ou d’utiliser toutes substances dérivées des corps des autres dont leurs peaux, leurs plumes ou fibres, nous cessons de financer et de promouvoir leur souffrance et leur misère dans tous nos choix de consommation journaliers d’articles de toilette, de matériel de nettoyage, de divertissement et bien entendu nous arrêtons de consommer toutes les substances dérivées des corps des non-humains : leur chair, leur lactation, leurs œufs, tout. En résumé, nous tentons, à travers chacun de nos choix, de causer le moins de tort possible aux autres et si c’est le cas, nous choisissons ce qui en cause le moins possible.

Les Humain•es sont juste une autre espèce

Ce n’est pas une quête vers la pureté personnelle (pour reprendre une critique que j’ai rencontrée), mais plutôt une admission consciente de notre place en tant que simple espèce sentiente, bien qu’étant une espèce avec la capacité de prendre des décisions morales basées sur le large éventail de choix qui s’offrent à nous. C’est un rejet de la violence que nous avons apprise dès notre plus jeune âge et que nous soutenons comme étant la norme. Plutôt que de se glorifier dans tout sentiment perçu de supériorité, je suggérerais que la majorité des vegans sont on ne peut plus conscient de leur fragilité et de leurs erreurs passées. Ayant ouverts les yeux sur les torts inutiles que nous avons commis dans le passé, nous leur tournons le dos et cherchons à partager un message qui libère les non-humains de la tyrannie égoïste de l’humanité.

Qu’avons-nous à y gagner ?

Je plaide toujours pour le véganisme comme une question morale. Ôter inutilement la vie d’êtres sentients, la manipulation de leurs systèmes reproducteurs, la destruction de familles et de liens sociaux, l’esclavagisme, la captivité, la mutilation et le restant des horreurs constituent la forme ultime de l’arrogance humaine. L’essence du véganisme est qu’il n’est pas mené par intérêt personnel. La plupart des vegan•es que je connais seraient vegan•es peu importe les bénéfices qu’ils en tireraient. Il est cependant utile pour nous tous d’avoir les liens suivants sous le bras pour information.

L’alimentation végétalienne et la santé

Quand on se penche sur les faits, il est difficile de comprendre la résistance rencontrée lorsqu’on affirme que le véganisme est bon pour la santé. En tant que mère, cela me brise le cœur de savoir que cette information n’était pas à ma disposition lorsque mes enfants étaient encore petits. En tant qu’adultes, nous pourrions décider seuls des risques que nous courrons dus à la manière dont nous vivons. Je pourrais risquer mon propre bien-être, et je l’ai fait dans le passé, mais je n’aurais jamais pris de risque pour le bien-être de ma famille si j’avais connu la vérité. C’est une profonde source de regret pour moi.

Au fil du temps, de plus en plus d’autorités en matière de santé tiennent à être comptées parmi celles proclamant les bénéfices en matière de santé d’une alimentation évitant toute substance dérivée des corps des autres, fournissant d’impressionnantes statistiques en ce qui concerne les risques réduits de contracter de graves maladies invalidantes tel que les maladies cardiaques, le cancer, le diabète, l’ostéoporose et bien d’autres qui surchargent les systèmes de soin de santé à travers le monde.

Voici un condensé de liens et de citations pour information.

Liens et informations

Association américaine de Diététique :

“La position de l’Association américaine de diététique est que les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs.”

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19562864

Association Anglaise de Diététique:

« Les alimentations végétariennes bien conçues peuvent être nutritives et saines. Elles sont associées à des risques réduits de maladie cardiaque, de diabète de type 2, d’obésité, de certains types de cancer et de niveaux réduits de cholestérol sanguin. »

http://www.bda.uk.com/foodfacts/vegetarianfoodfacts.pdf

Association des diététiciens australiens:

« Les alimentations végétaliennes sont un type de régime végétarien dans lequel seuls des aliments d’origine végétale sont consommés. Ils diffèrent seulement des autres régimes végétariens dans le sens où aucun produit animal n’est consommé ou utilisé. Malgré ces restrictions, avec une bonne planification, il est possible d’obtenir tous les nutriments requis pour une bonne santé avec une alimentation végétalienne. »

http://daa.asn.au/…/smart…/nutrition-a-z/vegan-diets/

Diététiciens du Canada :

« Un mode d’alimentation végétalien a beaucoup de bénéfices potentiels pour la santé. Cela comprend moins de risque d’obésité, de maladies cardiaques, de pression artérielle élevée, de diabète de type 2 et certains types de cancer. Les autres avantages incluent des niveaux de cholestérol sanguine réduits et un risque réduit de calculs biliaires et de problèmes intestinaux. Les végétaliens doivent s’assurer d’inclure assez de nutriments notamment de protéines, de fer, de zinc, de calcium, de vitamine D, de B12 et d’acides gras omega-3. Une alimentation végétalienne bien conçue peut assurer tous ces besoins. Elle est sûre et saine pour les femmes enceintes et allaitantes, pour les nourrissons, les enfants, les adolescents et les personnes âgées. »

http://www.dietitians.ca/…/Eating-Guidelines-for-Vegans

Société Américaine contre le Cancer :

« Certaines études associent les alimentations végétariennes à un risque réduit de maladie cardiaque, diabètes, pression artérielle élevée, obésité et certains types de cancer tel que le cancer du côlon. Une alimentation végétarienne stricte doit être correctement conçue pour s’assurer d’obtenir tous les nutriments requis. »

http://my.clevelandclinic.org/services/heart/prevention/nutrition/food-choices/understanding-vegetarianism

Ecole de Santé Publique d’Harvard :

« Avec un petit peu de préparation, une alimentation végétarienne équilibrée et variée peut assurer l’apport en nutriments de presque tout le monde. »

http://www.dining.harvard.edu/vegvgn

Clinique de Cleveland :

« Une alimentation végétalienne ne présente vraiment aucun désavantage ! Une alimentation à base de végétaux présente de nombreux bénéfices pour la santé, notamment un risque réduit de maladie cardiaque, d’hypertension, de diabète de type 2 et de cancer. Elle peut également aider à diminuer les niveaux de cholestérol sanguin et de pression artérielle, et aussi à maintenir un poids de santé et une bonne santé osseuse. »

http://my.clevelandclinic.org/services/heart/prevention/nutrition/food-choices/understanding-vegetarianism

Hopital Presbitérien de New York:

« Les personnes suivant une alimentation végétarienne sont  en relativement meilleure santé qui ceux qui n’en suivent pas. Les végétariens ont tendance à avoir des taux moins élevés d’obésité et moins de problèmes chroniques de santé, dont certains cancers, maladies cardiaques, pression artérielle élevée, et diabètes. »

http://www.lakeareamc.com/lake-area-medical-center/health-library.aspx?iid=1_1876

Centre Médical Ronald Reagan UCLA (UCLA) :

« Certains des effets bénéfiques d’une alimentation végétarienne peuvent comprendre : niveaux de cholestérol sanguin réduits, ainsi que de pression artérielle ; risques réduits de maladies cardiaques, de certaines formes de cancer, et de troubles digestifs comme la constipation et les maladies des diverticules ; risques réduits d’obésité et d’autres formes de diabètes. »

http://www.dining.ucla.edu/housing_site/dining/SNAC_pdf/Vegetarianism.pdf

Ecole Perelman de Médecine (Penn Med) :

« Une alimentation végétarienne bien conçue peut vous fournir une bonne nutrition. Une alimentation végétarienne vous aide souvent à être en meilleure santé. Adopter une alimentation végétarienne peut vous aider à : réduire les risques d’obésité ; réduire les risques de maladies cardiaques ; réduire votre pression sanguine ; réduire vos risques de diabète de type 2. »

http://www.pennmedicine.org/encyclopedia/em_DisplayArticle.aspx?gcid=002465&ptid=1

Journal Permanente :

« Manger de façon saine pourrait être le plus facilement atteint grâce à une alimentation basée sur les végétaux, ce que nous définissons comme une alimentation encourageant la consommation d’aliments végétaux complets et décourageant la viande, les produits laitiers et les œufs ainsi que tous les produits raffinés et transformés. Nous présentons une étude de cas comme exemple des effets bénéfiques potentiels d’une telle alimentation. La recherche montre que les alimentations végétales sont des interventions rentables et à faibles risques pouvant réduire l’indice de masse corporelle, la pression sanguine, l’HbA1C, et les niveaux de cholestérol. Elles pourraient également réduire le nombre de médicaments nécessaires pour traiter les maladies chroniques et réduire les taux de mortalité liés aux maladies cardiaques ischémiques. Les médecins devraient envisager de recommander une alimentation à base de végétaux à tous leurs patients, surtout ceux présentant une pression artérielle élevée, un diabète, une maladie cardiovasculaire, ou de l’obésité. »

http://www.thepermanentejournal.org/issues/2013/spring/5117-nutrition.html

Clinique Mayo :

« Une alimentation végétarienne bien conçue peut couvrir les besoins des personnes de tout âge, y compris les enfants, adolescents, et femmes enceintes ou allaitantes. La clé est d’être attentif/attentive à vos besoins nutritionnels afin de pouvoir concevoir une régime alimentaire les couvrant. »

http://www.mayoclinic.com/health/vegetarian-diet/HQ01596

Dr Michael Greger :

“Voici le top 15 des causes de décès, et une alimentation végétale permet de les éviter presque toutes, peut aider à en traiter plus de la moitié, et dans certains cas peut même inverser la progression de la maladie, dont nos 3 premiers tueurs. »

http://nutritionfacts.org/video/uprooting-the-leading-causes-of-death/

Walter Willet, Directeur du department Nutrition de Harvard :

« Les humains n’ont aucun besoin nutritionnel de lait animal, un ajout évolutionnaire récent dans notre alimentation, » Willett et ses co-auteurs, David Ludwig, de l’Hôpital pour Enfants de Boston, ont écrit un article publié en septembre dernier dans le journal, JAMA Pediatrics…. : « la recommandation de 3 portions de lait par jour n’est pas justifiée et est susceptible de causer du tort à certaines personnes. La justification principale est la santé osseuse et la réduction des fractures. Cependant, des études prospectives et des essais cliniques randomisés n’ont systématiquement montré aucune relation entre l’apport en lait et le risque de fractures. Par contre, de nombreuses études ont montré une relation entre la consommation élevée de lait et le risque de cancer de la prostate mortel ou métastasique, et cela peut s’expliquer par le fait que l’apport en lait augmente les niveaux sanguins d’IGF-1, une hormone favorisant la croissance. »

http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1704826&resultClick=3

Service National de Santé du Royaume-Uni

« Avec une bonne préparation et une compréhension de ce que constitue une alimentation végétalienne équilibrée et saine, vous pouvez obtenir tous les nutriments dont votre corps a besoin. »

http://www.nhs.uk/Livewell/Vegetarianhealth/Pages/Vegandiets.aspx

[Traduction] Conseils pour Alliés Masculins

[Traduction de Tips for Male Allies sur Vegan Feminist Network]

Il ne fait aucun doute, le mouvement pour les droits des animaux non-humains a été compromis par le sexisme et manipulé par le patriarcat. Ce n’est dorénavant plus juste PETA qui mène la danse : c’est un nombre incalculable d’autres organisations (comme Fish Love), de compagnies (comme LUSH), et de pornographes (comme Vegan Pinup). Qui plus est, cela s’est propagé aux interactions individuelles comme le montre la normalité croissante d’activistes masculins tentant de contrôler, manipuler, menacer, ou harceler les militantes féminines.

Beaucoup de féministes insistent sur le fait que les hommes ne peuvent pas être des féministes (et l’Organisation Nationale des Hommes contre le Sexisme est d’accord). Être féministe, c’est être une femme auto-identifiée se battant pour l’égalité féminine. Être une féministe demande une expérience directe de l’oppression de genre, car c’est cette expérience unique en tant que membre du groupe visé qui informera l’activisme. Les hommes qui s’offusquent de cette définition et qui demandent à être inclus ne font que mettre en évidence l’ubiquité du privilège masculin. Lorsque les hommes réaffirment ce droit, ils démontrent leur besoin d’être aux commandes et ils démontrent le patriarcat. Bien que les hommes ne pourront jamais entièrement se soustraire eux-mêmes des privilèges de leur genre, les hommes peuvent tout à fait être des alliés.

Et nous avons grandement besoin d’alliés dans le mouvement des droits des animaux non-humains. Ce qui est peut-être le plus à blâmer pour le sexisme et la misogynie rampante dans notre mouvement (au-delà de la nature oppressante du patriarcat) est la complaisance. Il est temps de déplacer la responsabilité sur les membres masculins de notre communauté.

  1. Ne Soyez Jamais Complaisants

Si vous êtes témoin d’une femme se faisant brimée, harcelée ou intimidée… exprimez-vous. Si vous restez silencieux, si vous « restez neutre », ou si vous prenez la défense de l’agresseur (ce que j’identifie comme « mentalité de la bande de mecs »), vous êtes tout aussi coupable de sexisme et d’oppression que l’agresseur.

  1. Demandez une Représentation Égale

Si vous participez à un projet qui est principalement mené par des hommes (ce qui est suspect considérant que notre mouvement est composé à 80% de femmes), demandez à savoir où sont les femmes et refusez de participer avant qu’elles soient incluses. Ce problème est également présent dans le mouvement athée/sceptique, et les féministes et leurs alliés ont très bien réussi à faire pression sur les organisateurs d’évènements pour améliorer les proportions de genre.

  1. N’utilisez Jamais la Carte du “Sexisme Inversé”

Les femmes, qui sont un groupe oppressé vivant sous un patriarcat qui privilégie les hommes, ne peuvent pas, de par la nature même de leur statut social, exercer de sexisme envers les hommes. Dire d’une femme qu’elle est sexiste (ou, pire, « misandre ») vise à rediriger l’attention du problème des hommes, un groupe privilégié qui n’est jamais remis en question, vers les femmes. C’est une tactique visant à détourner l’attention de l’oppresseur vers l’oppressée. C’est une tactique visant à réduire au silence.

  1. Ne Mansplainez (Mecspliquez) Pas.

Le fait est que, malgré la sagesse infinie et la formation approfondie que pourraient avoir certains hommes, les hommes ne connaissent malgré tout pas mieux les problèmes des femmes que les femmes elles-mêmes. Le mansplaining semble avoir frappé notre communauté. Beaucoup d’hommes insistent pour tout expliquer aux femmes, du féminisme au viol, avec l’intention de dominer la conversation ou de remporter le débat. Les expériences personnelles des femmes sont complètement écartées et dévalorisées, quand bien-même ces femmes ont les qualifications irréfutables les appuyant. Le mansplaining n’aide pas, c’est oppressif et irrespectueux.

  1. N’Harcelez pas les Femmes

Bien que cela puisse paraître évident, le harcèlement dans notre mouvement est un véritable problème. A travers des interviews réalisées avec des militantes, Emily Gaarder, dans son ouvrage de 2011 Women and the Animal Rights Movement, a constaté que le problème était plutôt répandu. J’ai moi-même été victimisée par plusieurs hommes vegans qui m’ont harcelée au point de devoir presque appeler la police.

  1. Écoutez

La majorité des hommes ne savent pas ce qu’est être une femme, n’ayant jamais fait l’expérience d’en être une. Tout comme les personnes de couleur blanche ne peuvent jamais totalement comprendre ce qu’est être une personne de couleur, un homme cis ne peut jamais totalement comprendre ce qu’est être une femme. On considère généralement comme condescendant et peu utile qu’une personne blanche prétende avoir toutes les réponses sur les difficultés que rencontrent les personnes de couleur. Je soutiens que la même chose s’applique aux hommes qui pensent pouvoir comprendre ce qu’est l’expérience féminine et qui se sentent également dans leur droit de privilégié de définir ou de valider le sexisme. Au lieu d’insister, « Ce n’est pas sexiste » ou « Tu exagères », essayez d’écouter. Tentez de comprendre d’où viennent les femmes, les problèmes auxquels elles doivent faire face, et les solutions qu’elles recherchent. De même, rappelez-vous de leur faire de la place. N’essayez pas de dominer la discussion et donnez de l’espace aux femmes pour qu’elles participent sans être noyées par votre voix.

  1. Ne Gaslightez pas

Le Gaslighting est un outil efficace de contrôle masculin, se manifestant généralement dans des cas de violence conjugale ou de violence psychologique. Le Gaslighting est une tactique visant à faire douter une femme sur sa réalité et ses expériences. Si une femme déclare avoir fait l’objet de sexisme, et que vous lui dites qu’elle en fait toute une affaire pour rien ou qu’elle « exagère », c’est du Gaslighting. Faire en sorte qu’une femme se sente « folle » ou qu’elle apparaisse comme tel aux yeux des autres est un moyen de l’affaiblir et de la contrôler.

  1. Surveillez Votre Langage

Il y a des centaines de termes féminins péjoratifs (et seulement quelques masculins) qui utilisent l’identité féminine comme une insulte. Ils visent à affaiblir. Par exemple, l’association « Defending Pitbulls against Peta » appelle la présidente de PETA Ingrid Newkirk une « vilaine sorcière » et Nathan Winograd insinue qu’elle est une malade mentale. Ces deux exemples ne sont que la continuité d’une longue histoire de femmes ayant été ostracisées, institutionnalisées, et même tuées pour avoir été des « sorcières » ou « folles ». La langue française est vaste et contient plus de mots que la personne lambda n’en utilisera, donc il n’y a vraiment aucune excuse pour utiliser des péjoratifs genrés à moins que l’intention est de s’appuyer sur le sexisme pour renforcer votre argument.

  1. Soyez Critiques envers la Violence

Dans son livre de 2006, Capers in the Churchyard : Animal Rights Advocacy in the Age of Terror, Lee Hall avance que les tactiques violentes sont indubitablement associées à l’expression masculine du pouvoir, de la bravade et de la domination. J’ajouterais que ces approches sont en grande partie anti-féministes. La violence privilégie l’expérience masculine et le contrôle masculin, et, en même temps, rabaisse la féminité et vise à effrayer. Dans un discours présenté lors d’une conférence de 2012 en Italie, « La Paralysie du Pacifisme : En Défense de l’Action Militante Directe et de la « Violence » pour la Libération Animale », l’orateur crie littéralement sur une salle pleine de jeunes militantes, les accusant de pacifisme et insistant pour qu’elles abandonnent la non-violence.

  1. Soyez Critiques de l’Exploitation Sexuelle

Si vous êtes témoin d’une situation dans laquelle des femmes sont encouragées à se dévêtir pour « la cause »… faites entendre votre voix. Le corps des femmes ne devrait regarder personne, mais nous ne pouvons également pas ignorer la réalité d’un mouvement qui, couramment, exploite et objectifie sexuellement les femmes. L’oppression des animaux non-humains ne peut être démantelée via l’oppression des femmes. Faites entendre votre voix, laissez un commentaire, envoyez un email, ou tenez un blog sur le sujet. Ne laissez pas s’étendre l’exploitation sexuelle sans broncher.

Prière de reconnaître que ces requêtes ne sont pas une attaque envers les hommes. Ce n’est rien d’autre qu’une tentative honnête de créer un espace sûr pour les femmes dans un mouvement qui devient de plus en plus dangereux et humiliant. Nous devons faire face à l’inégalité là où elle survient. Nous sommes de plus en plus conscients de la manière dont nous traitons les autres groupes à risque, et pourtant nous ignorons si souvent le sort des femmes. Pire encore, ces femmes qui trouvent le courage de prendre la parole sont accusées d’en faire tout un foin. C’est représentatif de l’enracinement du sexisme et de la misogynie. Lorsqu’un mouvement composé à 80% de femmes ne peut se libérer des chaînes de l’oppression féminine, nous devrions être sérieusement préoccupé·es. Mais la charge du travail ne devrait pas reposer entièrement sur les femmes, les hommes doivent également prendre leur responsabilité et s’efforcer d’être des alliés féministes vegans pour le bénéfice de tous et de toutes, hommes, femmes, humains, ou non-humains.

[Traduction] Demande-t-on le Respect et la Justice ? Ou juste des chamailleries ?

Posté le 12 juillet 2013 sur Vegan Feminist Network

Trigger Warning:  Discute de pornographie et de sexisme

Not Safe for Work:  Contient du langage grossier et des sujets explicitement sexuels

PETA a posté sur Vegan Feminist Network aujourd’hui en réponse à mon article qui déconstruit leur campagne « Veggie Love Casting » . La campagne dépeint des jeunes femmes en bikinis et hauts talons effectuant du sexe oral et autres actes sexuels sur des légumes « pour les animaux ». Le communiqué est reproduit ci-dessous. J’ai mis en évidence les passages problématiques et les analyserait plus bas.

« Les femmes intelligentes et sensibles qui ont participé dans ce clip ont choisi de le faire car elles soutenaient l’idée et voulaient agir pour aider les animaux. PETA les admire pour cela et ne leur dirait jamais qu’elles doivent se comporter d’une certaine manière afin d’avoir l’approbation de quelqu’un d’autre. PETA applaudit tout ce que les gens font pour aider les animaux et tente de montrer quelque chose qui plaise à tout le monde.

Tout le monde n’approuve pas les tactiques de PETA – et on peut choisir de ne pas montrer nos vidéos si c’est le cas – mais nous serons certainement tous d’accord pour dire qu’il est plus efficace de concentrer notre temps et notre énergie sur les abuseurs d’animaux plutôt que de nous chamailler.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les autres campagnes de PETA, ou visionner nos publicités comprenant des hommes, vous pouvez visiter le site www.PETA.org. Merci encore pour tout ce que vous faites pour promouvoir le véganisme et pour faire de ce monde un meilleur endroit pour les animaux. »

PETA-Porn4-300x220

Une image de la campagne.

PETA déclare ne pas avoir dit aux femmes d’agir de cette manière, mais c’est une justification malhonnête. De toute évidence, PETA a mis au point la campagne et a engagé les participantes. Ce n’était pas un mouvement populaire spontané pour la promotion du sexe avec des légumes pour les animaux non-humains. En parlant de cela, est-ce qu’avoir une relation sexuelle avec des concombres ce que sont supposées faire les femmes si elles veulent aider les animaux ?

D’une certaine manière, PETA a raison de dire qu’on ne « dit » pas aux femmes d’agir de cette manière. C’est parce que PETA normalise le militantisme sexiste comme militantisme adapté aux femmes. Les militantes s’engagent de plus en plus dans le mouvement pour les droits des animaux avec la connaissance de ce qu’on attend d’elles (Gail Dines désigne ce phénomène de socialisation comme « prête au porno »). Les campagnes pornifiées sont aujourd’hui normalisées dans l’imaginaire politique du mouvement. Elles sont considérées pour acquises comme étant utiles, malgré la recherche psychologique sociale démontrant que ce n’est non seulement pas efficace, mais également contre-productif.

Les tropes incorporées dans la réponse de PETA visent à protéger cette normalité et méritent donc qu’on s’y penche.

1. Choix

Le “Choix” est un concept qui fonctionne généralement pour détourner l’attention sur le problème de l’inégalité structurelle et qui place la responsabilité sur l’individu·e. Il masque les privilèges et renforce l’oppression.

Les femmes « choisissent » de travailler dans le porno car une société patriarcale leur offre des options extrêmement limitées. Les femmes font ce « choix » car elles grandissent dans une société qui leur inculque que leur valeur est liée à leur attractivité sexuelle et leur disponibilité sexuelle (au contraire des hommes à qui on enseigne qu’ils peuvent réussir grâce à leur force, leur leadership, leur intelligence, leur esprit, etc.).

Girls-Gone-Wild-Pornography-300x231

La plupart des actrices porno proviennent de milieux défavorisés et/ou de foyers violents et ont des carrières extrêmement courtes (environ 3 ans, une durée qui a fortement diminuée). La grande majorité des actrices porno gagnent très peu d’argent. Nous parlons ici de quelques centaines d’euros pour chaque film, avec une proposition de film toutes les quelques semaines environ. Une fois qu’elles ont « tout fait », elles sont usées, et n’ont plus d’utilité pour l’industrie. Ça vous dit quelque chose ? C’est exactement la manière dont les humains traitent les poules pondeuses et les vaches laitières : comme des ressources sexuelles périssables. Les femmes continuent à consentir d’effectuer des actes sexuels de plus en plus dégradants, douloureux, ou dangereux afin de rester dans la course le plus longtemps possible. L’industrie expose les femmes à ces conditions de travail précaires et dangereuses sans aucune sécurité garantie. Si c’est là le « choix » qu’ont les femmes, il y a quelque chose qui cloche réellement avec notre système de travail.

Je ne blâme pas ces actrices (militantes?) qui travaillent pour PETA. Elles font juste leur travail, et essayent de gagner leur vie. Certaines se sont peut-être même amusées et ont aimé participer. Au lieu de cela, je blâme le patriarcat qui élève les femmes comme ressources pour les hommes. Je blâme un mouvement social qui est supposé être basé sur la paix mais qui à la place exploite les vulnérabilités des femmes pour la levée de fonds. Sous le patriarcat, les règles du jeu penchent en faveur des hommes au détriment des femmes (et des autres populations vulnérables, dont les animaux non-humains). Toutes les femmes sont des produits d’un patriarcat qui les incite à croire : « Votre valeur sociale = Votre disponibilité sexuelle ».

Le “choix” s’appuie sur un ensemble très restreint d’options définies pour les femmes par le patriarcat. Si nous voulons avoir une discussion sérieuse sur le « choix », je suggère que nous obtenions une réponse claire de PETA quant à leur choix intentionnel de femmes pour la levée de fonds et l’attention des médias, et la raison pour laquelle des femmes sont placées disproportionnellement dans des scénarios dégradants, souvent (même si pas dans ce cas-ci) en simulant la souffrance et la mort horrible d’animaux non-humains. Comme dans toute pornographie, les campagnes de PETA sexualisent l’humiliation et la violence envers les femmes.

2. Viser un large public

Les personnes susceptibles d’être attirées par la pornographie ne seront probablement pas intéressées de s’investir sérieusement dans la justice sociale. La pornographie consolide l’oppression et renforce la notion que certaines personnes sont des objets de ressources pour d’autres, plus privilégiées. C’est loin d’être le genre de structure qu’on est en droit d’attendre pour remettre en cause le spécisme. Pour rappel, la recherche démontre que les campagnes de PETA repoussent en réalité les téléspectateurs qui peuvent aisément reconnaître que les femmes sont rabaissées.

3. Critique de la culture du viol comme de la « Chamaillerie »

Une femme sur 3 sera violée, battue, ou abusée d’une certaine manière une fois au cours de sa vie. Cette violence est fortement liée aux médias misogynes, et PETA non seulement crée mais promeut les médias misogynes. Décrire la critique féministe de cette violence systémique comme étant de la chamaillerie est insultant et banalisant. Faire front contre la violence que j’endure, contre la violence que des millions de femmes endurent, n’est pas de la chamaillerie, c’est de la justice sociale en action.

4. Hommes contre Femmes

Nous ne vivons pas dans une société post-genre/post-féministe. Les corps des hommes et des femmes ne sont pas vus ou traités de manière égale. On ne peut pas simplement déclarer : « Nous utilisons aussi des hommes ! ». Ca ne compensera pas la misogynie utilisée dans la majorité des actions de PETA. 96% de l’objectification sexuelle présente dans les médias inclut des femmes. Les femmes sont également bien plus susceptibles d’être victimes de viol, d’abus sexuels et de violence conjugale. Il est injuste de balayer les représentations sexistes des femmes juste parce que le corps d’un homme est utilisé de temps à autre.

Cet argument est particulièrement absurde dans le cas de PETA. Les publicités de PETA mettant en scène des hommes représentent dans l’ensemble des hommes qui sont aux commandes de leur espace social, et leur pouvoir ainsi que leur statut sont renforcés. Certaines de leurs affiches représentent des hommes ridicules. A nouveau, il n’y a aucun sexisme sérieux en jeu. Nous trouvons ces affiches idiotes car les hommes sont rarement objectifiés sexuellement et représentés dans une position soumise. Les hommes ne sont pas affichés dans des positions sexuelles soumises ou comme victimes de violence, seules les femmes le sont.

Prenez par exemple cette image d’un acteur de Bollywood militant pour PETA. Remarquez le regard confiant face à l’objectif, son pouvoir sur la situation, et sa capacité de contrôle l’espace autour de lui et de créer du changement. Remarquez cette posture qui affiche la confiance.

PETA-Man

En revanche, examinez cette affiche typique de PETA représentant une femme nue. Elle est montrée dans une position soumise, vulnérable, pas sur ses pieds, à la merci du téléspectateur. Ses yeux ne font pas directement face à l’objectif, mais le fixent au contraire par en dessous. Elle caresse doucement le lapin; il n’y a pas de contrôle sur son espace. Ses fesses sont relevées pour suggérer la disponibilité sexuelle.

PETA-Woman-300x218

L’argument que le sexisme n’existe pas dans les campagnes de PETA car des hommes nus sont aussi utilisés de temps en temps est un leurre.

Nous ne pouvons pas mettre fin à l’objectification des animaux non-humains par l’objectification des femmes. Nous ne pouvons pas mettre fin à la violence envers les animaux non-humains par la violence envers les femmes. Il est temps de décoloniser le schema militant.

Les informations fournies sur l’industrie de la pornographie dans cet essai sont tirées du documentaire, The Price of Pleasure.

Par Corey Lee Wrenn, M.S., A.B.D. Ph.D.