Hayden

Hayden-banner-960x250

Traduction de Hayden, publié le 16 décembre 2015 sur Vegan Publishers.

Voici Hayden.

Hayden

Hayden fut torturé de nombreuses années dans un laboratoire scientifique, où des tests étaient effectués sur sa peau. Même avant le début des tests, Hayden avait été réduit en esclavage dès sa naissance en ayant été « conçu » sans poils, pour faciliter les tests. Voici l’un des nombreux exemples de violation de l’autonomie corporelle des animaux non humains par la domestication et l’élevage : en créant stratégiquement leurs corps pour servir les humains, au lieu de permettre à ces corps de se développer naturellement et de veiller à leurs propres besoins.

Les cochons sauvages ont évolué pour se protéger du soleil grâce à leurs poils épais, mais les cochons domestiques sont croisés pour avoir bien moins de poils, les rendant vulnérables aux risques de coups de soleil et d’insolation. Les cochons choisis pour la “science”, comme Hayden, sont mis au monde pour être totalement imberbes, augmentant encore plus leur exposition au soleil. Dans un environnement naturel, Hayden aurait déjà été désavantagé ; alors, il fut condamné à des années de souffrance dans un laboratoire.

Comme vous pouvez constater dans l’image ci-dessus, la peau d’Hayden est définitivement distincte de celle de ses congénères. Elle est d’une couleur brun foncé et rugueuse, et les braves personnes au Harvest Home Sanctuary de Stockton, en Californie, qui sont aujourd’hui ses soignants, doivent régulièrement mettre de l’antisolaire sur sa peau. Chose étonnante, malgré tout ce qu’il a été forcé d’endurer par les humains, il est quelqu’un de très confiant et d’amical. Timide aux premiers abords, si vous passez du temps calmement près de lui et que vous lui laissez son espace, il viendra petit à petit se réchauffer contre vous, et avant que vous ne le remarquiez, vous serez déjà blotti-e contre lui.

J’ai choisi de partager l’histoire d’Hayden pour de nombreuses raisons. La première est pour mettre en lumière le mal irréparable que l’élevage cause aux non humains, et pour réitérer à quel point c’est un aspect fondamental du mouvement de libération des animaux : ils ne pourront jamais se rapprocher de la « liberté » ou de l’« autonomie » si nous continuons à les mettre au monde et à transformer leurs corps avant même qu’ils soient nés. Hayden est également représentatif de la résilience d’esprit dont sont capables les animaux non humains. Alors que nous humains avons souvent des difficultés à nous pardonner l’un l’autre pour des choses bien plus futiles, Hayden est malgré tout capable de donner sa confiance, et ne tient pas toute l’humanité pour responsable de ce qu’une industrie humaine corrompue lui a fait subir.

L’histoire d’Hayden sert aussi à nous rappeler que le véganisme n’est pas un régime alimentaire. Tant de campagnes et de rhétorique sur le véganisme se concentrent sur ce que les gens mangent ou ne mangent pas. Hayden n’a jamais été mis en danger d’être consommé, mais cela ne signifie pas qu’il devrait être écarté de notre lutte. Nous devons nous souvenir d’Hayden, ainsi que de tous les non humains dont les corps sont utilisés pour faire des sacs et des chaussures, et qui souffrent d’autres violations tout en restant en vie, lorsque nous parlons de véganisme et que nous encourageons les autres à devenir végan-e, et pas juste nous concentrer sur ce qu’il y a dans leur assiette.

Pour terminer, j’espère que cette histoire inspirera les personnes qui ne se sont pas encore impliquées dans leurs sanctuaires locaux à le faire. Les manières d’aider un sanctuaire abondent. Vous pouvez donner de votre temps en y faisant du bénévolat, si vous en êtes capable. Vous pouvez effectuer des dons ou donner des fournitures, beaucoup de sanctuaires ont des wish-list sur leur site et/ou dans leurs newsletters, comprenant des objets bon marchés et faciles à trouver, tel que des serviettes ou des couvertures. Même simplement faire passer le message et amener les autres à visiter des sanctuaires, plus particulièrement ceux et celles qui sont habitué-es à voir les non humains comme de la nourriture, des vêtements ou des accessoires plutôt que comme des amis ; cela peut faire de grandes choses pour le mouvement.

Saryta

Publicités

[Traduction] Lettre ouverte aux hôtes pour les fêtes de fin d’année

(Traduction de « An open letter to non-vegan holiday hosts« )

Publié le 8 décembre 2015 sur Vegan Publishers

35012c0a-3bd5-4466-a0c9-f5a78b937431-960x250

Comme les fêtes de fin d’année arrivent à grands pas et que vous vous préparez peut-être à accueillir sous votre toit la personne végane de votre famille, j’aimerais profiter de l’occasion pour vous parler de certaines choses qu’il-elle n’oserait peut-être pas aborder avec vous. Je n’écris pas cette lettre pour vous provoquer ou vous faire honte, mais plutôt pour vous encourager à tenter de développer une meilleure compréhension en regard de ce qu’il-elle traverse.

Pour planter le décor, permettez-moi de vous inviter à un petit exercice mental que vous prendrez, je l’espère, au sérieux. Imaginez que vous soyez invité-e à un évènement où l’on sert du chat rôti en plat principal. Imaginez les organisateurs « préparant » le chat mort, retirant ses intestins, insérant des morceaux de pain dans son anus, et plaçant son corps dans le four. Plus tard, lorsque le chat est bien cuit, vous êtes assis-e à table occupé-e à regarder les autres dépeçant le chat et faisant la fête comme s’ils ne mangeaient pas un chat devant votre nez. (Je suppose que vous ne prenez pas part au diner dans ce scénario.)

Fin de la scène. Est-ce que l’idée même de participer à cet évènement vous dérange ? Comment vous sentez-vous par rapport aux participants ? Si vous êtes comme la majorité des gens, ce scénario vous dérangerait profondément. Bienvenue dans le monde des végan-es pendant la période de fin d’année. (NDT : et de n’importe quel repas ou évènement)

Un aspect important de l’éthique végane est de voir tous les animaux sentients comme étant des êtres semblables et méritant tous de vivre. Il n’y a pas de distinction de valeur entre une dinde et un chat, un dauphin, un chien ou une vache.

La seule chose qui distingue vraiment ce mode de pensée, cette différenciation des animaux, est ce qu’on nous a appris par rapport à leur « utilisation ». La société voit l’abattage et la consommation des dindes comme quelque chose d’acceptable, alors que d’autres animaux sont considérés comme non-comestibles.

Pour les végan-es, tous les animaux (NDT : et leurs « sous-produits ») sont non-comestibles, car tous et toutes pensent et ressentent ; tous et toutes ont le désir de vivre, tout comme nous. Il n’y a pas de différence entre espèces pour un-e végan-e. Les végan-es ont désappris les distinctions arbitraires entre espèces, et il est donc tout aussi dérangeant d’être témoin de violence envers une dinde ou un cochon qu’envers un chat ou un chien. Nous ne voyons plus de différences, et beaucoup d’entre nous ont développé des liens affectifs envers ces animaux « de ferme », tout comme l’ont beaucoup de gens envers un animal domestique traditionnel.

Donc, si vous recevez un membre de votre famille qui est végan-e pour ces fêtes de fin d’année, j’aimerais que vous soyez conscient-e de la difficulté que cela représente pour lui-elle. Pas seulement parce qu’il-elle doit être témoin de la mutilation et de la consommation d’un animal qui voulait vivre, mais aussi parce qu’ils observent les personnes qui lui tiennent le plus à cœur participer à cela.

J’espère que vous comprenez qu’il-elle doit tenir énormément à vous, si fort qu’il-elle a décidé de se joindre à vous, malgré le fait qu’il-elle puisse être profondément dérangé-e par votre participation à la souffrance animale. Pour être franc, il-elle doit probablement être également déçu-e, parce qu’il-elle vous connaît comme une personne aimable, mais votre participation à cette cruauté va à l’encontre de sa haute estime envers vous.

Je suppose qu’il-elle pourrait également ressentir un certain niveau de rejet de votre part car, si vous cherchiez réellement à comprendre pourquoi il-elle a choisi de devenir végan-e, vous le deviendriez aussi. Il n’y a pas de justification logique ou éthique pour tuer et consommer des produits animaux, car c’est biologiquement inutile et même malsain pour nous. C’est peut-être ce qui est le plus difficile pour lui-elle ; il-elle voudrait tellement que vous compreniez sa compassion pour les animaux, car cela fait grandement partie de son être.

Pour beaucoup de végan-es, les vacances ont aussi un gout amer car nous nous rappelons affectueusement des bons moments où nous retrouvions notre famille et discutions de tous les changements dans notre vie et de ce que nous avions appris pendant que nous étions éloignés les un-es des autres. Ce genre de discussion pourrait ne plus être possible lorsqu’on devient végan-e, car peu de personnes veulent entendre parler de compassion pour les animaux et de la justice que nous réclamons pour eux.

Je comprends que votre réponse pourrait être « Mon toit, mes règles », ce qui est certainement votre droit. Vous n’avez aucune obligation d’être accommodant-e envers lui-elle en organisant un repas végan. Cependant, au même titre, je vous invite à respecter son-sa décision de s’abstenir de venir aux futurs fêtes de fin d’année chez vous si c’est son choix, car il-elle pourrait également avoir besoin de décider ce qui est le mieux pour lui-elle et ce qu’il-elle est capable de supporter. Pour certain-es végan-es, ce n’est tout simplement pas sain pour eux-elles, ou pour votre relation avec eux-elles, d’être exposé-es à la cruauté animale, et ils-elles doivent décider cela par eux-elles-mêmes. Beaucoup de végan-es préfèrent juste passer des fêtes de fin d’année véganes chez eux-elles, là où ils-elles peuvent éviter d’être exposé-es à la cruauté animale.

Donc ma dernière demande est que vous preniez réellement le temps de l’écouter pendant cette période de fête et d’essayer de mieux comprendre à quel point il-elle a changé et pourquoi il-elle est si passionné-e par le sort des animaux. Peut-être que pour la prochaine période de fête vous pourriez lui montrer que vous comprenez cela en organisant une fête végane, ou encore mieux, en devenant vous-même végan-e : ce serait le plus beau cadeau que vous pourriez lui faire ainsi qu’aux animaux qui ne souffriraient plus.

Dr. Casey Taft