[Traduction] Les messages dominants de plaidoyer animal encadrés par ceux et celles créant le préjudice

(Traduction de « Mainstream Animal Advocacy Messages Framed By Those Doing The Harm », Dr. Casey Taft)

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J’ai récemment discuté avec un activiste hautement respecté lié à ceux et celles menant les organisations dominantes de plaidoyer animal, sur la manière dont ces groupes demandent maintenant aux autres de seulement « devenir végétarien » et de « réduire » leur consommation d’animaux (réductarianisme) au lieu de promouvoir le véganisme. Il m’a dit quelque chose que j’ai toujours su intuitivement mais que je n’ai jamais pu digérer : ces organisations forment leurs décisions militantes sur base d’études de marché. En d’autres termes, pour déterminer la meilleure manière d’encourager les gens à arrêter d’exploiter les animaux, elles demandent à ceux et celles qui les exploitent comment nous devrions leur faire passer notre message.

Prenez le temps de méditer là-dessus et demandez-vous ensuite à quoi cela ressemblerait si on appliquait cela à n’importe quel autre mouvement de justice sociale. Est-ce que vous pensez que les gens de Black Lives Matter effectuent des sondages chez les racistes blancs en vue de déterminer la manière dont on pourrait mettre fin à l’injustice raciale ? Est-ce que les féministes organisent des groupes de recherche avec des hommes sexistes pour réfléchir à la meilleure manière de mettre fin au patriarcat et à la violence envers les femmes ? Bien sûr que non ! Il est absurde de demander à ceux et celles perpétuant l’oppression comment nous devrions leur parler pour les encourager à arrêter d’oppresser.

Bien entendu, lorsque nous demandons à des non-végan·es quelle serait la meilleure manière de faire du plaidoyer, ils·elles nous diront que nous devrions seulement leur demander de réduire leur consommation de « produits » animaux. Ils·elles préfèreraient que nous ne mentionnons jamais le mot « vegan » car cela les mettrait mal à l’aise. Voilà pourquoi les organisations dominantes de plaidoyer animal appellent maintenant au réductarianisme et au végétarisme plutôt qu’au véganisme. Elles peuvent s’engager dans leur plaidoyer sans contrarier une grande partie potentielle de donateurs qui financent leur organisation et leurs salaires.

Nous ne devrions jamais demander aux autres moins que le véganisme, en suggérant de devenir végétarien ou réductarien à la place car cela les met plus à l’aise. Se sentir à l’aise n’amènera pas de changement radical vital pour les animaux. Il faut que nous aidions l’ensemble de la société à sortir de sa zone de confort et à rejeter au final l’injuste à laquelle nous exposons les animaux de par leur utilisation et leur exploitation. Les animaux non humains méritent la justice et la fin de leur utilisation, pas d’analystes de marché qui demandent à ceux·celles perpétuant l’injustice la meilleure manière de leur parler.

Faisons un exercice mental, juste pour les végan·es. Souvenez-vous du moment où vous n’étiez pas végan·e, lorsque le sort des animaux non humains n’était même pas sur votre radar. Peut-être que vous ignoriez délibérément ce qui leur arrivait ou peut-être n’étiez-vous tout simplement pas informé·e et ignorant·e. Maintenant, imaginez qu’un grand groupe de plaidoyer pour les animaux vous contacte au hasard, et vous demande votre aide pour mener une grande campagne de récolte de fonds pour mettre fin à l’exploitation des animaux non humains. Est-ce que vous pensez être qualifié·e pour mener une telle campagne ? Ou pensez-vous que votre « vous » actuel·le, en tant que végan·e avec une autre perspective, pourrait être plus à même pour cette tâche ? Il est évident que nous sommes mieux positionnés en tant que végan·e pour savoir comment élaborer un message pour les droits des animaux, car nous connaissons certains concepts de l’injustice que les animaux endurent.

Nous aidons le mieux les autres à devenir végan·e si nous discutons des implications de notre utilisation des animaux ; l’argument éthique est de loin notre argument le plus puissant. Les grands groupes de plaidoyer ayant accès à des ressources financières considérables et à des audiences importantes disent aux autres que nous devrions demander aux gens de réduire leur exploitation, plutôt que d’y mettre fin, diluant notre message collectif végan de justice sociale et sapant l’argument éthique. On enseigne à trop de personnes que l’exploitation animale est justifiable avec modération, et que la meilleure approche pour atteindre un monde végan est de ne pas du tout parler du véganisme. Soyez conscients de l’origine de cette approche de plaidoyer aberrante : la flatterie de ceux perpétuant l’exploitation animale par les grands groupes de plaidoyer animal.

Notre mouvement ne devrait pas être guidé par les préférences de ceux qui ne veulent jamais voir la fin de l’exploitation des animaux. Cela peut aider les grands groups à récolter des dons provenant de ceux et celles qui sont contents qu’on ne leur demande pas de devenir végan·e, mais cela n’aide certainement pas les animaux non humains. Il est temps que notre mouvement se penche collectivement sur l’utilisation animale comme sur toute question de justice sociale.

Dr. Casey Taft

Une réflexion sur “[Traduction] Les messages dominants de plaidoyer animal encadrés par ceux et celles créant le préjudice

  1. Merci ! Enfin quelqu’un qui ose exprimer ce ressenti, partagé par un certain nombre de militant·e·s abolitionnistes face à l’émergence de ce mur réformiste réductionniste.

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