[Traduction] Conseils pour Alliés Masculins

[Traduction de Tips for Male Allies sur Vegan Feminist Network]

Il ne fait aucun doute, le mouvement pour les droits des animaux non-humains a été compromis par le sexisme et manipulé par le patriarcat. Ce n’est dorénavant plus juste PETA qui mène la danse : c’est un nombre incalculable d’autres organisations (comme Fish Love), de compagnies (comme LUSH), et de pornographes (comme Vegan Pinup). Qui plus est, cela s’est propagé aux interactions individuelles comme le montre la normalité croissante d’activistes masculins tentant de contrôler, manipuler, menacer, ou harceler les militantes féminines.

Beaucoup de féministes insistent sur le fait que les hommes ne peuvent pas être des féministes (et l’Organisation Nationale des Hommes contre le Sexisme est d’accord). Être féministe, c’est être une femme auto-identifiée se battant pour l’égalité féminine. Être une féministe demande une expérience directe de l’oppression de genre, car c’est cette expérience unique en tant que membre du groupe visé qui informera l’activisme. Les hommes qui s’offusquent de cette définition et qui demandent à être inclus ne font que mettre en évidence l’ubiquité du privilège masculin. Lorsque les hommes réaffirment ce droit, ils démontrent leur besoin d’être aux commandes et ils démontrent le patriarcat. Bien que les hommes ne pourront jamais entièrement se soustraire eux-mêmes des privilèges de leur genre, les hommes peuvent tout à fait être des alliés.

Et nous avons grandement besoin d’alliés dans le mouvement des droits des animaux non-humains. Ce qui est peut-être le plus à blâmer pour le sexisme et la misogynie rampante dans notre mouvement (au-delà de la nature oppressante du patriarcat) est la complaisance. Il est temps de déplacer la responsabilité sur les membres masculins de notre communauté.

  1. Ne Soyez Jamais Complaisants

Si vous êtes témoin d’une femme se faisant brimée, harcelée ou intimidée… exprimez-vous. Si vous restez silencieux, si vous « restez neutre », ou si vous prenez la défense de l’agresseur (ce que j’identifie comme « mentalité de la bande de mecs »), vous êtes tout aussi coupable de sexisme et d’oppression que l’agresseur.

  1. Demandez une Représentation Égale

Si vous participez à un projet qui est principalement mené par des hommes (ce qui est suspect considérant que notre mouvement est composé à 80% de femmes), demandez à savoir où sont les femmes et refusez de participer avant qu’elles soient incluses. Ce problème est également présent dans le mouvement athée/sceptique, et les féministes et leurs alliés ont très bien réussi à faire pression sur les organisateurs d’évènements pour améliorer les proportions de genre.

  1. N’utilisez Jamais la Carte du “Sexisme Inversé”

Les femmes, qui sont un groupe oppressé vivant sous un patriarcat qui privilégie les hommes, ne peuvent pas, de par la nature même de leur statut social, exercer de sexisme envers les hommes. Dire d’une femme qu’elle est sexiste (ou, pire, « misandre ») vise à rediriger l’attention du problème des hommes, un groupe privilégié qui n’est jamais remis en question, vers les femmes. C’est une tactique visant à détourner l’attention de l’oppresseur vers l’oppressée. C’est une tactique visant à réduire au silence.

  1. Ne Mansplainez (Mecspliquez) Pas.

Le fait est que, malgré la sagesse infinie et la formation approfondie que pourraient avoir certains hommes, les hommes ne connaissent malgré tout pas mieux les problèmes des femmes que les femmes elles-mêmes. Le mansplaining semble avoir frappé notre communauté. Beaucoup d’hommes insistent pour tout expliquer aux femmes, du féminisme au viol, avec l’intention de dominer la conversation ou de remporter le débat. Les expériences personnelles des femmes sont complètement écartées et dévalorisées, quand bien-même ces femmes ont les qualifications irréfutables les appuyant. Le mansplaining n’aide pas, c’est oppressif et irrespectueux.

  1. N’Harcelez pas les Femmes

Bien que cela puisse paraître évident, le harcèlement dans notre mouvement est un véritable problème. A travers des interviews réalisées avec des militantes, Emily Gaarder, dans son ouvrage de 2011 Women and the Animal Rights Movement, a constaté que le problème était plutôt répandu. J’ai moi-même été victimisée par plusieurs hommes vegans qui m’ont harcelée au point de devoir presque appeler la police.

  1. Écoutez

La majorité des hommes ne savent pas ce qu’est être une femme, n’ayant jamais fait l’expérience d’en être une. Tout comme les personnes de couleur blanche ne peuvent jamais totalement comprendre ce qu’est être une personne de couleur, un homme cis ne peut jamais totalement comprendre ce qu’est être une femme. On considère généralement comme condescendant et peu utile qu’une personne blanche prétende avoir toutes les réponses sur les difficultés que rencontrent les personnes de couleur. Je soutiens que la même chose s’applique aux hommes qui pensent pouvoir comprendre ce qu’est l’expérience féminine et qui se sentent également dans leur droit de privilégié de définir ou de valider le sexisme. Au lieu d’insister, « Ce n’est pas sexiste » ou « Tu exagères », essayez d’écouter. Tentez de comprendre d’où viennent les femmes, les problèmes auxquels elles doivent faire face, et les solutions qu’elles recherchent. De même, rappelez-vous de leur faire de la place. N’essayez pas de dominer la discussion et donnez de l’espace aux femmes pour qu’elles participent sans être noyées par votre voix.

  1. Ne Gaslightez pas

Le Gaslighting est un outil efficace de contrôle masculin, se manifestant généralement dans des cas de violence conjugale ou de violence psychologique. Le Gaslighting est une tactique visant à faire douter une femme sur sa réalité et ses expériences. Si une femme déclare avoir fait l’objet de sexisme, et que vous lui dites qu’elle en fait toute une affaire pour rien ou qu’elle « exagère », c’est du Gaslighting. Faire en sorte qu’une femme se sente « folle » ou qu’elle apparaisse comme tel aux yeux des autres est un moyen de l’affaiblir et de la contrôler.

  1. Surveillez Votre Langage

Il y a des centaines de termes féminins péjoratifs (et seulement quelques masculins) qui utilisent l’identité féminine comme une insulte. Ils visent à affaiblir. Par exemple, l’association « Defending Pitbulls against Peta » appelle la présidente de PETA Ingrid Newkirk une « vilaine sorcière » et Nathan Winograd insinue qu’elle est une malade mentale. Ces deux exemples ne sont que la continuité d’une longue histoire de femmes ayant été ostracisées, institutionnalisées, et même tuées pour avoir été des « sorcières » ou « folles ». La langue française est vaste et contient plus de mots que la personne lambda n’en utilisera, donc il n’y a vraiment aucune excuse pour utiliser des péjoratifs genrés à moins que l’intention est de s’appuyer sur le sexisme pour renforcer votre argument.

  1. Soyez Critiques envers la Violence

Dans son livre de 2006, Capers in the Churchyard : Animal Rights Advocacy in the Age of Terror, Lee Hall avance que les tactiques violentes sont indubitablement associées à l’expression masculine du pouvoir, de la bravade et de la domination. J’ajouterais que ces approches sont en grande partie anti-féministes. La violence privilégie l’expérience masculine et le contrôle masculin, et, en même temps, rabaisse la féminité et vise à effrayer. Dans un discours présenté lors d’une conférence de 2012 en Italie, « La Paralysie du Pacifisme : En Défense de l’Action Militante Directe et de la « Violence » pour la Libération Animale », l’orateur crie littéralement sur une salle pleine de jeunes militantes, les accusant de pacifisme et insistant pour qu’elles abandonnent la non-violence.

  1. Soyez Critiques de l’Exploitation Sexuelle

Si vous êtes témoin d’une situation dans laquelle des femmes sont encouragées à se dévêtir pour « la cause »… faites entendre votre voix. Le corps des femmes ne devrait regarder personne, mais nous ne pouvons également pas ignorer la réalité d’un mouvement qui, couramment, exploite et objectifie sexuellement les femmes. L’oppression des animaux non-humains ne peut être démantelée via l’oppression des femmes. Faites entendre votre voix, laissez un commentaire, envoyez un email, ou tenez un blog sur le sujet. Ne laissez pas s’étendre l’exploitation sexuelle sans broncher.

Prière de reconnaître que ces requêtes ne sont pas une attaque envers les hommes. Ce n’est rien d’autre qu’une tentative honnête de créer un espace sûr pour les femmes dans un mouvement qui devient de plus en plus dangereux et humiliant. Nous devons faire face à l’inégalité là où elle survient. Nous sommes de plus en plus conscients de la manière dont nous traitons les autres groupes à risque, et pourtant nous ignorons si souvent le sort des femmes. Pire encore, ces femmes qui trouvent le courage de prendre la parole sont accusées d’en faire tout un foin. C’est représentatif de l’enracinement du sexisme et de la misogynie. Lorsqu’un mouvement composé à 80% de femmes ne peut se libérer des chaînes de l’oppression féminine, nous devrions être sérieusement préoccupé·es. Mais la charge du travail ne devrait pas reposer entièrement sur les femmes, les hommes doivent également prendre leur responsabilité et s’efforcer d’être des alliés féministes vegans pour le bénéfice de tous et de toutes, hommes, femmes, humains, ou non-humains.

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[Traduction] Demande-t-on le Respect et la Justice ? Ou juste des chamailleries ?

Posté le 12 juillet 2013 sur Vegan Feminist Network

Trigger Warning:  Discute de pornographie et de sexisme

Not Safe for Work:  Contient du langage grossier et des sujets explicitement sexuels

PETA a posté sur Vegan Feminist Network aujourd’hui en réponse à mon article qui déconstruit leur campagne « Veggie Love Casting » . La campagne dépeint des jeunes femmes en bikinis et hauts talons effectuant du sexe oral et autres actes sexuels sur des légumes « pour les animaux ». Le communiqué est reproduit ci-dessous. J’ai mis en évidence les passages problématiques et les analyserait plus bas.

« Les femmes intelligentes et sensibles qui ont participé dans ce clip ont choisi de le faire car elles soutenaient l’idée et voulaient agir pour aider les animaux. PETA les admire pour cela et ne leur dirait jamais qu’elles doivent se comporter d’une certaine manière afin d’avoir l’approbation de quelqu’un d’autre. PETA applaudit tout ce que les gens font pour aider les animaux et tente de montrer quelque chose qui plaise à tout le monde.

Tout le monde n’approuve pas les tactiques de PETA – et on peut choisir de ne pas montrer nos vidéos si c’est le cas – mais nous serons certainement tous d’accord pour dire qu’il est plus efficace de concentrer notre temps et notre énergie sur les abuseurs d’animaux plutôt que de nous chamailler.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les autres campagnes de PETA, ou visionner nos publicités comprenant des hommes, vous pouvez visiter le site www.PETA.org. Merci encore pour tout ce que vous faites pour promouvoir le véganisme et pour faire de ce monde un meilleur endroit pour les animaux. »

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Une image de la campagne.

PETA déclare ne pas avoir dit aux femmes d’agir de cette manière, mais c’est une justification malhonnête. De toute évidence, PETA a mis au point la campagne et a engagé les participantes. Ce n’était pas un mouvement populaire spontané pour la promotion du sexe avec des légumes pour les animaux non-humains. En parlant de cela, est-ce qu’avoir une relation sexuelle avec des concombres ce que sont supposées faire les femmes si elles veulent aider les animaux ?

D’une certaine manière, PETA a raison de dire qu’on ne « dit » pas aux femmes d’agir de cette manière. C’est parce que PETA normalise le militantisme sexiste comme militantisme adapté aux femmes. Les militantes s’engagent de plus en plus dans le mouvement pour les droits des animaux avec la connaissance de ce qu’on attend d’elles (Gail Dines désigne ce phénomène de socialisation comme « prête au porno »). Les campagnes pornifiées sont aujourd’hui normalisées dans l’imaginaire politique du mouvement. Elles sont considérées pour acquises comme étant utiles, malgré la recherche psychologique sociale démontrant que ce n’est non seulement pas efficace, mais également contre-productif.

Les tropes incorporées dans la réponse de PETA visent à protéger cette normalité et méritent donc qu’on s’y penche.

1. Choix

Le “Choix” est un concept qui fonctionne généralement pour détourner l’attention sur le problème de l’inégalité structurelle et qui place la responsabilité sur l’individu·e. Il masque les privilèges et renforce l’oppression.

Les femmes « choisissent » de travailler dans le porno car une société patriarcale leur offre des options extrêmement limitées. Les femmes font ce « choix » car elles grandissent dans une société qui leur inculque que leur valeur est liée à leur attractivité sexuelle et leur disponibilité sexuelle (au contraire des hommes à qui on enseigne qu’ils peuvent réussir grâce à leur force, leur leadership, leur intelligence, leur esprit, etc.).

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La plupart des actrices porno proviennent de milieux défavorisés et/ou de foyers violents et ont des carrières extrêmement courtes (environ 3 ans, une durée qui a fortement diminuée). La grande majorité des actrices porno gagnent très peu d’argent. Nous parlons ici de quelques centaines d’euros pour chaque film, avec une proposition de film toutes les quelques semaines environ. Une fois qu’elles ont « tout fait », elles sont usées, et n’ont plus d’utilité pour l’industrie. Ça vous dit quelque chose ? C’est exactement la manière dont les humains traitent les poules pondeuses et les vaches laitières : comme des ressources sexuelles périssables. Les femmes continuent à consentir d’effectuer des actes sexuels de plus en plus dégradants, douloureux, ou dangereux afin de rester dans la course le plus longtemps possible. L’industrie expose les femmes à ces conditions de travail précaires et dangereuses sans aucune sécurité garantie. Si c’est là le « choix » qu’ont les femmes, il y a quelque chose qui cloche réellement avec notre système de travail.

Je ne blâme pas ces actrices (militantes?) qui travaillent pour PETA. Elles font juste leur travail, et essayent de gagner leur vie. Certaines se sont peut-être même amusées et ont aimé participer. Au lieu de cela, je blâme le patriarcat qui élève les femmes comme ressources pour les hommes. Je blâme un mouvement social qui est supposé être basé sur la paix mais qui à la place exploite les vulnérabilités des femmes pour la levée de fonds. Sous le patriarcat, les règles du jeu penchent en faveur des hommes au détriment des femmes (et des autres populations vulnérables, dont les animaux non-humains). Toutes les femmes sont des produits d’un patriarcat qui les incite à croire : « Votre valeur sociale = Votre disponibilité sexuelle ».

Le “choix” s’appuie sur un ensemble très restreint d’options définies pour les femmes par le patriarcat. Si nous voulons avoir une discussion sérieuse sur le « choix », je suggère que nous obtenions une réponse claire de PETA quant à leur choix intentionnel de femmes pour la levée de fonds et l’attention des médias, et la raison pour laquelle des femmes sont placées disproportionnellement dans des scénarios dégradants, souvent (même si pas dans ce cas-ci) en simulant la souffrance et la mort horrible d’animaux non-humains. Comme dans toute pornographie, les campagnes de PETA sexualisent l’humiliation et la violence envers les femmes.

2. Viser un large public

Les personnes susceptibles d’être attirées par la pornographie ne seront probablement pas intéressées de s’investir sérieusement dans la justice sociale. La pornographie consolide l’oppression et renforce la notion que certaines personnes sont des objets de ressources pour d’autres, plus privilégiées. C’est loin d’être le genre de structure qu’on est en droit d’attendre pour remettre en cause le spécisme. Pour rappel, la recherche démontre que les campagnes de PETA repoussent en réalité les téléspectateurs qui peuvent aisément reconnaître que les femmes sont rabaissées.

3. Critique de la culture du viol comme de la « Chamaillerie »

Une femme sur 3 sera violée, battue, ou abusée d’une certaine manière une fois au cours de sa vie. Cette violence est fortement liée aux médias misogynes, et PETA non seulement crée mais promeut les médias misogynes. Décrire la critique féministe de cette violence systémique comme étant de la chamaillerie est insultant et banalisant. Faire front contre la violence que j’endure, contre la violence que des millions de femmes endurent, n’est pas de la chamaillerie, c’est de la justice sociale en action.

4. Hommes contre Femmes

Nous ne vivons pas dans une société post-genre/post-féministe. Les corps des hommes et des femmes ne sont pas vus ou traités de manière égale. On ne peut pas simplement déclarer : « Nous utilisons aussi des hommes ! ». Ca ne compensera pas la misogynie utilisée dans la majorité des actions de PETA. 96% de l’objectification sexuelle présente dans les médias inclut des femmes. Les femmes sont également bien plus susceptibles d’être victimes de viol, d’abus sexuels et de violence conjugale. Il est injuste de balayer les représentations sexistes des femmes juste parce que le corps d’un homme est utilisé de temps à autre.

Cet argument est particulièrement absurde dans le cas de PETA. Les publicités de PETA mettant en scène des hommes représentent dans l’ensemble des hommes qui sont aux commandes de leur espace social, et leur pouvoir ainsi que leur statut sont renforcés. Certaines de leurs affiches représentent des hommes ridicules. A nouveau, il n’y a aucun sexisme sérieux en jeu. Nous trouvons ces affiches idiotes car les hommes sont rarement objectifiés sexuellement et représentés dans une position soumise. Les hommes ne sont pas affichés dans des positions sexuelles soumises ou comme victimes de violence, seules les femmes le sont.

Prenez par exemple cette image d’un acteur de Bollywood militant pour PETA. Remarquez le regard confiant face à l’objectif, son pouvoir sur la situation, et sa capacité de contrôle l’espace autour de lui et de créer du changement. Remarquez cette posture qui affiche la confiance.

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En revanche, examinez cette affiche typique de PETA représentant une femme nue. Elle est montrée dans une position soumise, vulnérable, pas sur ses pieds, à la merci du téléspectateur. Ses yeux ne font pas directement face à l’objectif, mais le fixent au contraire par en dessous. Elle caresse doucement le lapin; il n’y a pas de contrôle sur son espace. Ses fesses sont relevées pour suggérer la disponibilité sexuelle.

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L’argument que le sexisme n’existe pas dans les campagnes de PETA car des hommes nus sont aussi utilisés de temps en temps est un leurre.

Nous ne pouvons pas mettre fin à l’objectification des animaux non-humains par l’objectification des femmes. Nous ne pouvons pas mettre fin à la violence envers les animaux non-humains par la violence envers les femmes. Il est temps de décoloniser le schema militant.

Les informations fournies sur l’industrie de la pornographie dans cet essai sont tirées du documentaire, The Price of Pleasure.

Par Corey Lee Wrenn, M.S., A.B.D. Ph.D.

[Traduction] Qu’est-ce qui ne va pas avec les œufs de basse-cour ?

Traduction de http://peacefulprairie.org/backyard-eggs.html

Suite à la popularisation croissante de l’agriculture urbaine, de plus en plus de personnes cherchent à commencer leur propre élevage de jardin, croyant qu’en élevant (ou adoptant) des poules et en veillant à leur bien-être, elles pourront éliminer la souffrance inhérente de la production d’œufs.

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La triste réalité est que, peu importe la façon dont sont traitées les poules pondeuses durant leurs vies raccourcies, elles restent le produit d’une cruauté immense et intentionnelle qui leur sera infligée seulement parce que les gens veulent consommer des œufs.

Cette cruauté cachée inclut la misère des parents enfermés qui sont élevés en premier lieu avant d’être tués dans leur jeune âge ; elle inclut l’assassinat en masse des frères et sœurs « non-rentables » (les poussins mâles et les poussins femelles « défaillantes ») ; elle inclut les handicaps qui sont infligés génétiquement au nom de la surproduction d’œufs ; elle inclut une courte vie dans un environnement social et biologique réduit ; elle inclut une mort prématurée et horrible.

Consommer des œufs, même de poules sauvées, revient à légitimiser et à perpétuer cette souffrance.

[Traduction] Qu'est-ce qui ne va pas avec les oeufs de basse-cour ?

Si vous avez été amenés à croire que la production d’œufs de jardin est une alternative humaine, ou que consommer des œufs de poules sauvées peut être éthique, merci de vous demander :


1. D’où viennent les poules ?
2. Où sont leurs frères ?
3. Où sont leurs parents ?
4. Qu’arrive-t-il aux corps des poules à force d’être génétiquement manipulées pour produire une quantité artificiellement élevée d’oeufs artificiellement gros ?
5. Qu’arrive-t-il aux poules lorsqu’elles arrêtent de pondre des œufs à un rythme rentable ?
6. Pourquoi les poules sont-elles ici, coupées de leur monde naturel et empêchées de vivre naturellement ?
7. Pourquoi voit-on les poules, et les autres animaux, comme nourriture ou source de nourriture ?


1) D’où viennent les poules ?

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La plupart des amateurs démarrant un élevage de jardin commandent leurs poussins chez les mêmes couvoirs qui fournissent les élevages industriels. Parmi les 500 millions de poussins qui éclosent annuellement aux États-Unis pour la production d’œufs, 500 millions se voient refuser l’attention, la chaleur et la protection de leurs mères. Les poussins sont incubés dans des tiroirs métalliques où la communication complexe et constante qui a lieu entre la mère et ses embryons est remplacée par le froid silence des machines.

Après 21 jours, les poussins picorent leur chemin vers un monde où leur seule expérience de l’amour maternel est celui de leur amère absence. Âgés d’à peine quelques heures, ces orphelins vulnérables seront bousculés sur des machines, malmenés, triés, sexés, souvent en forçant les organes sexuels internes des nouveaux-nés vers l’extérieur, séparés en mâles et femelles, et ensuite à nouveau jetés sur le tapis roulant pour être emmenés vers leur prochain calvaire.

Les femelles nouvellement écloses (poulettes) sont emballées et envoyées via les bureaux de postes américains vers les éleveurs amateurs, enthousiastes des œufs de jardin et magasins d’alimentation à travers tout le pays. Vu qu’environ 10% de ces enfants fragiles meurent en transit du stress du transport et de l’enfermement sans nourriture, eau, ou de contrôle de température de 24 à 72h (parfois plus long), les couvoirs ajoutent toujours plus de poussins que demandés. Souvent, ces bébés supplémentaires, appelés « remplisseurs », sont des mâles qui ont soit été incorrectement identifiés comme femelles, ou simplement utilisés comme matériel d’emballage au lieu d’être écartés d’une autre manière.

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2) Qu’arrive-t-il aux poussins mâles ?

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Les 250 millions de poussins identifiés comme mâles (coquelets) sont tués le jour de leur éclosion car ils sont inutiles au producteur d’œufs, vu leur incapacité à pondre des œufs. Leur courte existence sur terre est emplie de peur, d’égarement et de peur, lorsque les travailleurs les poussent à travers les étapes sinistres de leur voyage depuis l’incubateur jusqu’au charnier : tri, sexage, séparation, abattage.

Lorsqu’ils sont jetés des tiroirs d’éclosion sur le tapis roulant, aux bacs de tri ; lorsqu’ils sont malmenés pendant le processus de sexage ; lorsqu’ils sont rejetés sur le tapis roulant menant aux mâchoires déchirantes d’une broyeuse, ou à l’agonie de la chambre à gaz, ou à l’horreur des sacs d’étouffement, ou à la lente agonie dans une benne remplie des corps mourants de leurs frères, ces nouveau-nés n’arrêtent pas d’appeler leurs mères. Ils peuvent ne rien connaître du monde dans cette nouvelle vie mais ils savent cela : ils méritent de vivre, ils méritent d’être aimés, et ils affirment cette certitude jusqu’à leur dernier souffle.

Les quelques coquelets qui ne sont pas tués immédiatement sont utilisés comme matériel d’emballage pour les poussins femelles envoyées aux amateurs. S’ils arrivent en vie à destination, ils seront soit massacrés à 6-8 semaines lorsque leur genre devient apparent, ou ils seront abandonnés à des refuges pour être « euthanasiés ». Pour un aperçu des méthodes générales d’élimination de poussins des couveuses, veuillez consulter les vidéos intégrées ci-dessous.

Si les poussins éclosent en ferme, les coquelets de chaque accouplement sont « respectueusement » tués à la ferme, à l’aide d’une « paire de ciseaux aiguisés, ou d’un couteau dans le cou, ou d’une hache sur un billot ».

Sur les 500 millions de poussins « pondeurs » éclos annuellement aux États-Unis, 50 à 60% sont amenés dans ce monde juste pour être tués leur premier jour car ils sont des mâles, les 10 à 20% restant devant s’attendre à mourir de stress ou d’autres facteurs. Ce sont les enfants “déchets” de l’industrie des œufs : les mâles, les femelles « défaillantes », les malades et les blessés.

Car l’infanticide de masse est la base de la production d’œufs, les couvoirs font éclore trois fois plus d’œufs que le nombre de poussins qu’ils comptent vendre, et le coût du traitement et de l’élimination des bébés « déchets » est inclus dans le prix demandé pour chaque poussin femelle.


http://www.granjasdeesclavos.com/files/videos/sexado_pollos.swf

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3) Qu’arrive-t-il aux parents ?

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Les parents des futures poules pondeuses sont généralement débecqués en vue d’une courte vie d’enfermement stressant. Le débecquage, une amputation partielle du bec de l’oiseau, qui coupe à travers l’os, le cartilage et les tissus mous, est si douloureux que certains oiseaux meurent de choc sur le coup, alors que d’autres, incapables de manger ou boire, meurent lentement de faim et de déshydratation. Les survivants endurent une douleur chronique, à vie, similaire à la douleur du membre fantôme de leurs becs défigurés.

Les jeunes oiseaux parents sont confinés dans des hangars gigantesques où ils seront élevés pendant la durée de leur courte vie. Incapables d’échapper à la foule ou de se défendre contre les coqs, les poules sont surmontées, subissant des blessures par écrasement, os cassés, perte de plumes importante, douleurs génitales et ventres distendus.

Aucune de ces poules ne pourront voir un seul de leurs bébés. Chacun des 90 milliards d’œufs produits annuellement aux Etats-Unis provient d’une poule à qui on a enlevé la liberté d’élever son petit. Chaque année, au bout de leur premier cycle de ponte, les poules qui ont survécu à l’épreuve des viols multiples, sont écartées et remplacées par des « génitrices » plus jeunes.

Les poules reproductrices “usées” sont tuées en masse par les moyens économiques les plus rapides et les plus économiques, mais un petit nombre d’entre elles sont vendues à prix réduit aux petits fermiers qui utilisent les œufs de ces « parents de réforme » pendant un an ou deux avant de les abattre.

Lorsque les paysans urbains achètent des poussins, ou des œufs fertilisés à faire éclore dans des incubatrices maisons, aussi bien le poussin que les œufs proviennent de ces oiseaux parents torturés.

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4) Qu’arrive-t-il aux corps des poules à force d’être génétiquement manipulées pour pondre une quantité artificiellement élevée d’œufs artificiellement gros ?

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Les poules libres, comme tous les oiseaux, pondent seulement une fois par an (habituellement au printemps) et seulement en vue d’assurer la survie de leur espèce : environ 10 à 20 œufs. Les poules domestiquées ont été sélectionnées pour pondre entre 260 à 300 œufs par an. A force d’avoir été génétiquement manipulées pour pondre une quantité artificiellement élevée d’œufs artificiellement gros, les poules pondeuses souffrent d’une série de troubles invalidants de l’appareil reproducteur, bon nombre d’entre eux pouvant être mortels.

Cela comprend : la dystocie (les œufs coincés dans le canal aviaire et qui passent lentement et douloureusement, ou qui ne peuvent pas du tout passer, déclenchant des infections dangereuses qui aboutissent souvent à la mort), le prolapsus utérin (en forçant tous les jours pour expulser de gros œufs, l’utérus de l’oiseau peut ressortir par l’orifice anal, menant à une douloureuse infection et une mort lente et agonisante) ; tumeurs du canal aviaire ; péritonite, ostéoporose et fracture des os associées.

Même lorsqu’elles sont sauvées et qu’on leur permet de vivre sereinement, beaucoup de poules pondeuses ne peuvent être sauvées de la douleur et de la souffrance qui a été insérée dans leurs systèmes reproducteurs au nom de la production d’œufs.

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5) Qu’arrive-t-il aux poules lorsqu’elles arrêtent de pondre à un rythme rentable ?

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A l’âge de 1,5 à 3 ans (une fraction de l’espérance de vie naturelle d’une poule), lorsque la capacité d’une poule à pondre un œuf presque tous les jours diminue, elle est considérée comme « usée » et est écartée de la manière la plus économique possible.

Si elle fait partie d’un élevage urbain, elle sera probablement « respectueusement » décapitée dans son propre jardin ou arrière-cour par l’une des personnes qu’elle connaissait et en qui elle avait confiance. Si elle fait partie de poules “libre-parcours”, elle pourrait être jetée dans un immense fût en métal et gazée à côté d’une centaine de ses sœurs terrifiées ; ou elle pourrait être enfermée dans un hangar scellé et noyée dans une mousse extinctrice ; ou elle pourrait être envoyée en abattage « basse priorité » (ce qui veut dire que l’agonie du transport et du « processus » dureront bien plus longtemps).

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6) Pourquoi les poules sont-elles ici, coupées de leur monde naturel et empêchées de vivre naturellement ?

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Comme tous les animaux domestiques, les poules sont isolées de leur habitat naturel dans lequel elles ont évolué pendant des millénaires, et forcées de rester à jamais vulnérables et dépendantes des individus mêmes qui profitent de leur souffrance et de leur mort. Eloignées des structures sociales complexes qui ont gouverné leurs communautés libres, et enfermées, sans possibilité de s’échapper, dans un monde humain où elles n’ont aucune place dans le présent, aucun lien avec le passé, et aucune possibilité d’un futur libre, les poules de ferme n’ont pas voix dans les aspects les plus importants de leurs vies.

Les humains décident :

De l’endroit où elles vivront ;
Si elles connaîtront un jour leur mère ;
Si, et pendant combien de temps, elles nourriront leurs poussins ;
Quand, et si, on leur permettra de voir ou d’être avec leurs familles et leurs ami·es ;
Quand, comment, et si, elles se reproduiront ;
Ce qu’elles mangeront, quand, et quelle quantité ;
L’espace de perchoir qu’elles auront, si elles y ont seulement droit ;
Si elles auront droit à de l’espace pour gambader, et la grandeur de celui-ci ;
Des mutilations et mutations génétiques auxquelles elles seront soumises ;
Des soins vétérinaires qu’elles recevront, si elles en reçoivent ;
Le moment, le lieu et la manière dont elles mourront.

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7) Pourquoi continue-t-on à voir les poules, et les autres animaux, comme de la nourriture ou comme une source de nourriture ?

their-eggs5Au Sanctuaire Peaceful Prairie, les œufs sont rendus aux poules.

Le corps d’un être sentient et ses secrétions ne sont pas des choses que nous devons manger, pas plus que le sont ceux d’un être humain.Consommer des œufs (même de poules sauvées), ou les donner à des gens qui achèteraient à la place des œufs de batterie, ne « réduit pas la souffrance », cela légitimise la souffrance, cela demande la souffrance, cela perpétue la souffrance en cautionnant la pratique même de la violence contre laquelle nous luttons et à laquelle nous voulons mettre fin.

La poule pourrait ne pas savoir que son corps douloureux, sa servitude, son isolement, et toutes les misères qu’elle subit lui sont infligées intentionnellement, systématiquement, et uniquement pour le plaisir gustatif des humains, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que l’œuf fertilisé qui lui a fait voir le jour était le résultat de l’enfermement et du viol, ou que les poules comme elle sont le produit de l’infanticide de masse, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que le coût de l’abattage des enfants mâles, des parents d’élevage « usés » et des poules « usées » est compris dans le prix des œufs, mais vous le savez.

Elle pourrait ne pas savoir que, si nous devenions vegan·es, les horreurs qu’elle et son espèce sont forcées de subir cesseraient, mais vous le savez.

Agissez en conséquence. Devenez vegan·e et informez les autres sur la violence et l’injustice inhérente à tous les choix non-vegans. Sauvez (n’achetez pas) des poules et autres animaux, respectez leurs vies, et rappelez-vous de toujours rendre les œufs aux oiseaux : elles en sont, au final, les seules véritables propriétaires.

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