L’omnivore imaginaire.

En parcourant plusieurs forums ou articles sur la question animale et plus particulièrement l’alimentation carnée, j’en suis venu à me demander si l’homme est bien omnivore.

C’est une question qui m’a parue bizarre au premier abord car avant de devenir vegan, j’ai mangé de tout pendant 30 ans. Certes l’humain peut manger beaucoup de choses, comme d’autres animaux omnivores (ours, raton-laveur, rats, etc…) mais pourtant, quand on le compare aux autres animaux (l’humain fait partie du règne animal – on a tendance à l’oublier), force est de constater que son organisme est parfaitement adapté à l’alimentation végétale, que ça soit au niveau de la mastication qu’au niveau du système digestif. Dans le règne animal, nous ne présentons tout simplement aucune caractéristique omnivore ou carnivore et nous rapprochons plus des herbivores.

Nous nous définissons pourtant clairement comme omnivore de par notre habitude à consommer tous les jours des produits animaux (viande, produits laitiers et oeufs). Après tout, l’humain mange de la viande depuis la nuit des temps. Pourtant, quand on y regarde de plus près, ces produits peuvent provoquer de graves problèmes de santé à long terme. Des études scientifiques, et on ne parle pas ici d’une petite étude isolée, font de plus en plus le lien entre les produits d’origine animale et les maladies graves, dites de bien-être, qu’on ne rencontre quasiment pas dans d’autres parties du globe où ces produits sont consommés en beaucoup plus petites quantités. Les corrélations sont nombreuses ( « 8.000  associations  statistiquement  significatives  mettant  en  évidence  le  rapport  entre les différents facteurs alimentaires et leurs répercussions sur la santé. » -Rapport Campbell)

Pourquoi est-ce que notre organisme dit omnivore ne parvient pas à être en adéquation avec notre nourriture et nous le fait payer à long terme? J’en suis à ce jour persuadé: l’humain, à sa naissance, nait végétalien. Mais dans notre société, il a vite fait d’entrer dans cette chaine alimentaire basée sur les produits animaux : le lait de vache arrive très tôt dans son régime alimentaire par exemple et les produits carnés feront partie intégrante de sa vie. Socialement, nous sommes omnivores et continuerons à nous comporter comme des omnivores.

Pourtant… Prenons le cas du lait de vache, de nombreuses personnes y sont intolérantes. On le soupçonne même de favoriser la production d’anticorps qui, à leur tour, détruisent les cellules du pancréas produisant l’insuline, ce qui engendre le diabète de type 1 dit juvénile. Notre corps n’est pas friand des laits de provenance animale mais nous persistons malgré tout à en consommer. Nous sommes les seuls animaux qui continuons à consommer du lait après notre sevrage et, pire, nous sommes les seuls animaux à chercher à consommer le lait maternel d’une autre espèce. Doit-on dès lors s’étonner de ses effets néfastes sur notre organisme ?

Dans le cas de la viande, une trop grande consommation entrainera des problèmes de cholestérol (entre autre), pouvant mener jusqu’à la crise cardiaque ou l’a.v.c. Pourquoi donc? Pourquoi un animal dit omnivore rencontre-t-il autant de problèmes ? Pourquoi l’homme est le seul animal catalogué omnivore à être en si mauvaise santé à cause d’une partie de son alimentation ? Un ours peut manger de la viande pendant 1 mois sans en être affecté, ses artères ne s’encombreront pas de cholestérol et il ne risquera pas la crise cardiaque si il surconsomme de la chair. Mais qu’un humain mange de la viande crue pendant 1 mois, on le retrouvera à terre occupé à se tordre de douleur. Heureusement, nous avons la capacité intellectuelle qui nous permet de cuire nos aliments et nous transformons ainsi les viandes afin d’en faciliter la digestion. Mais… cela ne nous empêchera pas de le payer plus tard.

Notre sang s’acidifie à cause des protéines animales. Pour neutraliser l’acidité trop haute, notre corps a besoin de phosphate et le prélève dans la seule source de notre corps en contenant : les os. L’os est, malheureusement pour nous, composé de phosphate et de calcium et le corps, en prélevant le phosphate, prélèvera également le calcium de nos os. Résultat des courses: en occident, les cas d’ostéoporose sont beaucoup plus élevés que dans les pays consommant peu de produits animaux; je répète: en occident, où l’on consomme le plus de produits laitiers, nous avons les os beaucoup plus fragiles que dans d’autres régions du globe n’en consommant très peu ? Il n’y a pas quelque chose qui cloche là ? Pourtant les industries laitières nous rabâchent les oreilles : « le lait c’est bon pour la santé, plein de calcium! 3 produits laitiers par jour pour une bonne santé ! Pour des os solides !  » … Mais on ne nous dit pas que le lait animal est forcément composé de protéines animales et que notre corps n’apprécie pas trop que le sang soit trop acide. Ce détail est passé sous silence.

Les industries de la viande et industries laitières sont ultra puissantes, leurs bénéfices sont mirobolants et elles ont dès lors tout intérêt à ce que le consommateur ne doute pas des effets de leurs produits sur notre santé. Elles n’hésiteront pas à rémunérer grassement des scientifiques sans scrupule pour publier des études prouvant au contraire les bienfaits de leurs produits histoire de fausser les données et perturber le consommateur qui ne saura plus que croire.

Quand on y réfléchit, qu’a-t-on à gagner en consommant leurs produits, à part du plaisir gustatif ? Si ces produits entrainent problèmes de santé, problèmes de pollution, de gaspillage d’eau et la mort de créatures innocentes : est-ce que le simple plaisir gustatif vaut-il plus que tout cela ?

Ce que les industries ont revanche à gagner en continuant à nous cacher la vérité est simple et tient en un mot : argent. Les industries pharmaceutiques sont également gagnantes dans l’affaire. Besoin d’un petit supplément de calcium ?

Les bienfaits du végétalisme sur la santé sont pourtant prouvés. La position officielle de l’association américaine de diététique et des diététiciens du canada au sujet de l’alimentation végétarienne et végétalienne est claire : 

La position de l’Association américaine de diététique et des
diététiciens du Canada est que les régimes végétariens (y compris  le  végétalisme)  menés  de  façon  appropriée  sont bons  pour  la  santé,  adéquats  sur  le  plan  nutritionnel  et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies.

J’entends souvent qu’il est naturel pour l’homme de consommer de la viande et produits laitiers/oeufs mais est-ce réellement naturel ? Est-ce réellement ce que notre corps demande ?

Si la question vous intéresse, je vous conseille la lecture du Rapport Campbell. C’est un livre accessible à tous, pas trop technique, la plus vaste étude internationale sur la nutrition et ses effets à long terme sur la santé. Extrait disponible ici